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Relations entre l'Algérie et la France

Relations entre l'Algérie et la FranceAlgérie - Le traité d’amitié en épouvantail.

Depuis 1962, le couple Algérie-France a avancé au rythme des «je t’aime moi non plus». Un pas en avant, deux pas en arrière, reléguant au second plan des relations économiques qui devraient contribuer au bien-être de leurs deux peuples et tisser des relations étroites, exemplaires entre les deux rives de la Méditerranée.

1971, date historique, marquée par la nationalisation des hydrocarbures, sonne le glas des futures relations entre les deux pays et annonce le prélude au premier choc pétrolier subi de plein fouet par les économies des pays occidentaux, dont la France.

S’ensuivit le conflit israélo-arabe de 1973 et la position algérienne chèrement payée, quelques années plus tard. Ensuite, la traversée du désert, durant les années 90, période sanglante où l’Algérie s’est retrouvée pratiquement exclue du banc des nations. Les positions françaises ambiguës suscitèrent bien des grincements de dents du côté algérien. Des relations tumultueuses entre l’Algérie et la France se sont installées, et pour longtemps. Depuis, de l’eau aura coulé sous les ponts.

Les chefs d’Etat des deux pays, MM.Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika, se sont déplacés en visite officielle des deux côtés de la rive de la Méditerranée. Résultat? Un traité d’amitié en stand-by et une vive polémique autour d’une loi positivant la colonisation française en Algérie.

Et les affaires, qu’en est-il? Le séjour de Laurent Parisot en Algérie, du 3 au 5 mai 2006, a fait prendre conscience à la présidente du Medef, l’opportunité du marché national et sa bonne santé. Croissance économique, recettes record, dues aux prix exceptionnels du baril du pétrole, désendettement... autant de gages qui poussent à l’investissement. Le risque Algérie, revu à la baisse par la Coface, clôture la liste des signaux positifs qui positionnent le marché algérien comme l’un des plus attractifs.

En 2005, les échanges commerciaux franco-algériens ont atteint la barre des 8,3 milliards d’euros. Ce qui est exceptionnel: 4,7 milliards d’achats de produits proviennent de l’Hexagone. Le processus de libéralisation économique a été qualifié de prometteur par la présidente du patronat français (Medef).

Même si les investissements des entreprises françaises progressent, elles ont atteint les 140 millions d’euros en 2005, «le boom économique» algérien profite surtout aux Chinois, dont l’entreprise Citic-Crcc vient d’arracher le marché pour la construction de l’autoroute Est-Ouest estimée à 6 milliards de dollars. Les Américains, les Turcs, les Espagnols et les Italiens ne sont pas en reste et semblent même vouloir se tailler la part du lion.

Le traité d’amitié agité en épouvantail, ne devrait pas occulter la frilosité des relations économiques et des échanges commerciaux franco-algériens. La France n’est pas encore prête à reconnaître les crimes commis par son armée coloniale et a fait de ses supplétifs, les harkis, des victimes du Front de libération nationale, dues en réaction à l’odieuse colonisation de l’administration coloniale qui a conduit à l’indépendance de l’Algérie.

L’esprit revanchard des nostalgiques de l’Algérie française a conduit le Parlement français à voter la loi du 23 février 2005. Vouloir diaboliser un mouvement de délibération authentique, symbolisant un peuple en lutte pour le recouvrement de son indépendance et de la souveraineté nationale, équivaut tout simplement à une double malhonnêteté, intellectuelle et politique.

Par Mohamed Touati - L'Expression, le 14 novembre 2006.

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