Palestine : Vers un compromis interpalestinien
Palestine - Le Premier ministre israélien est encore plus obstiné qu’on ne le pensait. Après avoir perdu toute la confiance que plaçait en lui l'opinion publique, il tient aujourd’hui mordicus à faire le parallèle entre l’OLP et le Hamas.
Dans un entretien exclusif accordé à un journal palestinien, Ehud Olmert laisse entendre qu’il envisageait de travailler avec un cabinet d’union nationale qui inclurait le Hamas. «Si le Hamas accepte les conditions du quartette, je m’assiérai avec eux», a déclaré hier le chef du gouvernement israélien au journal Al Qods.
Mais la concession israélienne n’est pas de taille.
Le pas en avant de l’Etat hébreu n’est pas si précieux quand se dessinent les véritables objectifs. «Je n’ai pas à vérifier le dossier de chaque ministre. Même Abou Mazen fait partie d’une organisation que nous considérions comme terroriste par le passé mais il a adopté de nouveaux principes auxquels il reste fidèle», poursuit Olmert.
Prenant un plaisir fou à vilipender le mouvement de la résistance islamique, le successeur d’Ariel Sharon espère de tout cœur que le grand vainqueur des dernières législatives palestiniennes suive le pas de l’OLP et reconnaisse enfin à Israël le droit d’exister.
Condition sine qua non pour lui attribuer une légitimité internationale, la reconnaissance de l’Etat hébreu reste la pierre angulaire du différend entre le Hamas et le quartette.
Composé des Etats-Unis, de la Russie, de l’ONU et de l’Union européenne, le quartette est censé veiller scrupuleusement au respect des engagements des Israéliens et des Palestiniens, et de tout faire pour promouvoir le processus de paix au Moyen-Orient.
Et le Premier ministre Olmert ne s’arrête pas là. Il ne cesse depuis son accession au pouvoir en Israël en janvier 2006, de crier urbi et orbi que l’Organisation de libération de la Palestine a bien amendé sa charte en 1989 et renoncé à détruire l’Etat hébreu. Le leader palestinien de l’époque, Yasser Arafat, avait qualifié l’ancien texte de «caduc».
Pendant ce temps, dans les territoires occupés, le Fatah et le Hamas ont enterré momentanément la hache de guerre pour parler gouvernement d’union nationale. Après la concession de Ismaïl Haniyé qui a assuré hier qu’il pourrait renoncer à son poste de Premier ministre, c’est un autre nom qui circule déjà, celui de Mohamed Chbeir.
Ancien président de l’université islamique de Ghaza, Mohamed Chbeir n’est pas membre du Hamas, mais est réputé proche de lui. Le consensus trouvé autour de cette personnalité connue dans les milieux palestiniens pourrait permettre d’aplanir les divergences et de trouver rapidement un terrain d’entente quant au choix des ministres. Mais rien n’est aussi sûr.
Empêtrés dans une crise multiforme, les responsables politiques de l’Etat hébreu sont capables de tout, y compris de torpiller tout rapprochement inter-palestinien. Hier, c’est une autre tête qui est tombée au sein de l’armée israélienne. Payant encore le prix de la déroute face au Hezbollah lors de la dernière campagne libanaise, Amir Peretz a mis fin aux fonctions du général Gal Hirsch en sa qualité de commandant des forces israéliennes en Galilée.
Avec ce départ forcé, c’est l’avenir du chef d’état-major en personne qui est menacé.
Dan Haloutz, premier pilote de chasse à diriger l’armée israélienne est bien conscient que l’étau ne cesse de se resserrer autour de lui depuis la signature du cessez-le-feu le 14 août dernier. Israël va mal, et c’est sur ce constat d’échec que le président américain et le chef du gouvernement israélien devront plancher à Washington. A la recherche du soutien précieux des Etats-Unis, George W. Bush sera tenu de trouver des solutions. Il y va de l’avenir des Républicains qui se jouera en novembre 2008.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 14 novembre 2006.
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