Algérie : Medelci annonce la fin du remboursement de la dette algérienne auprès de l’Allemagne
L’Algérie a parachevé le remboursement par anticipation de sa dette rééchelonnée auprès des Etats-Unis et un accord similaire doit être signé à la fin de cette semaine avec l’Allemagne, a indiqué à l’APS le ministre des Finances, M. Mourad Medelci, en marge des débats en plénière du Conseil de la nation consacrés à la loi de finances 2007.
La deuxième et dernière tranche du remboursement anticipé (près de 620 millions de dollars) de la dette rééchelonnée détenue par les Etats-Unis sur l’Algérie a fait l’objet d’un accord signé «très récemment» entre les deux parties, a-t-il précisé.
Quant à la deuxième tranche du remboursement par anticipation de la dette détenue par l’Allemagne sur l’Algérie, «l’accord devrait être signé à la fin de cette semaine», a avancé le ministre.
Sur une dette totale rééchelonnée, d’un montant de 759 millions de dollars, un premier accord de remboursement partiel portant sur 387 millions de dollars avait été signé et effectivement réglé en août dernier. L’accord sur la seconde tranche, qui reste à signer, porte sur un montant de 372 millions de dollars. Pour en revenir aux débats sur la loi de finances 2007, nombre de préoccupations ont été formulées hier par les sénateurs.
En énumérant les points positifs contenus dans les nouvelles dispositions de cette loi, notamment les incidences des allégements fiscaux sur l’investissement et la création d’emplois, des intervenants ont exprimé leurs préoccupations quant aux conséquences de telles dispositions sur l’économie nationale et les déséquilibres budgétaires qui peuvent en résulter.
La majeure partie des intervenants, dont la liste s’allonge sur deux jours, ont exhorté les pouvoirs publics à veiller au respect des délais des projets inscrits dans les programmes et insisté sur la lutte contre la corruption et les détournements. La création de mécanismes indépendants a été vivement souhaitée par un intervenant qui a mis l’accent sur la cohésion des différents partenaires de cette lutte, dont les services de sécurité.
D’autre part, des sommes colossales sont consenties par l’Etat pour la relance de l’économie, alors que la majorité des citoyens vivent dans la misère. Qui en est responsable ? Quelle solution préconisez-vous ? Autant de questionnements qui ont émaillé les débats. Un appel est lancé au gouvernement pour accélérer la production nationale afin de pourvoir une autre source de fiscalité hors hydrocarbures et de revoir la fiscalité locale pour réduire le déséquilibre entre les communes d’une même wilaya, car certaines se trouvent déstructurées au moment où d’autres croulent sous les recettes fiscales.
Ces questions ont laissé place à des préoccupations particulières de sénateurs élus, qui ont relevé l’absence d’infrastructuresscolaires, sanitaires dans l'Algérie profonde. Un sénateur, revendiquant le statut de wilaya à Ferdjioua (Mila), a été relayé par un autre d’El Oued qui a appelé à la révision à la baisse de la tarification de l’électricité dont la distribution connaît aussi des perturbations.
Le secteur de l’éducation a donné lieu à des remarques inhérentes à l’absence des fruits de la réforme, qui s’est traduite par la baisse du niveau d’instruction, la surcharge des classes et l’absence de manuels scolaires. Le secteur de l’enseignement supérieur voit son rendement se situer en deçà des sommes qui lui ont été allouées, alors que celui de la santé, accusant un manque d’infrastructures, nécessite, à ses yeux, un programme sérieux de prise en charge par le gouvernement.
Le manque d’infrastructures dans certaines localités a mobilisé le reste des interventions. Le sénateur de Chlef a réclamé la fin des habitations préfabriquées, vestiges du séisme de 1980, qui causent des dégâts aux citoyens, et revendiqué la mise en place de véritables centres urbains. D’autres interventions ont tourné autour des infrastructures scolaires, de santé (lutte contre les zoonoses), de justice (cours de justice), etc.
Les sujets s’entremêlent et se confondent : de la détérioration de l’environnement dans la capitale à la fuite des cerveaux par l’encouragement de la recherche scientifique, et l’ouverture de filiales de banques islamiques, en passant par la lutte contre les marchés informels. C’est à ces préoccupations que devra répondre M. Medelci lors d’une séance plénière, demain.
Par Amar Rafa - La Tribune, le 14 novembre 2006.
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