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Algérie : La nouvelle diplomatie

Bouteflika et Romano ProdiAlgérie - Chine, France, Etats-Unis, Italie, Canada… autant de pays avec lesquels l’Algérie renforce ses relations. Le XXIe siècle est celui de l’énergie et du libéralisme. L’équilibre des échanges est devenu l’une des exigences des dirigeants des Etats.

Dans ce contexte, l’Algérie est fortement sollicitée. Les préoccupations de ces dirigeants ont bien changé. Actuellement, nombre de pays sous-développés ne veulent plus être soumis à des échanges qui ne sont point bâtis sur un respect mutuel et les intérêts bien compris des Etats.

L’Algérie a beaucoup de choses à faire valoir. Les pays de la rive sud de la Méditerranée seront alimentés en gaz et électricité algériens. L’Espagne, la France et l’Italie ont besoin d’énergie et l’Algérie est le plus proche fournisseur. Autre point qui suscite les craintes et l’intérêt de ces pays méditerranéens : l’immigration et la sécurité intérieure de leurs pays respectifs.

Les Algériens ont beaucoup d’expérience à partager et d’exigences à faire valoir. Les différents atouts de l’Algérie commencent à être pris en charge par l’appareil diplomatique. Les problèmes économiques commencent à trouver leur place dans le discours diplomatique et les ambassades, pas toutes, ont un personnel compétent qui sait faire valoir les avantages comparés de notre économie. 80 milliards de dollars de réserves de changes parlent mieux que n’importe quelle conviction ou droit reconnu par l’ONU.

La communauté internationale est plus attentive au droit à la libre circulation des personnes lorsque le pays qui en fait une exigence préalable est riche. La repentance et la reconnaissance de crimes de guerre se font avec plus de difficultés mais se retrouvent dans les discours même si le traité d’amitié n’est plus évoqué pour les semaines ou mois à venir.

La défaite du terrorisme et l’importance du programme de dépense publique font que peu de pays peuvent se permettre de rester hors du marché algérien. Si éloignés que soient certains Etats, Alger est devenue une capitale que l’on doit visiter. La conjoncture est telle que nos diplomates et les cadres des ministères ayant un rapport avec l’économie se doivent de la mettre à profit pour transformer cet engouement en investissements productifs.

La dépendance énergétique des pays occidentaux doit être le pendant du respect des personnes et d’un transfert technologique. L’allégement de la procédure des visas et l’ouverture d’une ligne aérienne ne peuvent être avancés comme un cadeau à un pays qui, de toutes les manières, fait commerce avec tous les pays du monde.

La focalisation de l’opinion sur un raccourcissement des procédures d’octroi des visas est ressentie comme un voile face aux véritables enjeux actuels et futurs entre l’Algérie et l’Europe. La libre circulation des personnes est importante. Mais le respect des personnes, quelle que soit leur couleur ou leur religion, l’est encore plus. L’économie est un des bras de la diplomatie. Il doit en être fait usage comme d’une arme. L’UE a bien utilisé celle de la suspension de son aide pour pousser à la démission le gouvernement palestinien.

Par Amine Echikr - La Tribune, le 14 novembre 2006.

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