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Irak : Le scénario qui fait trembler le Moyen-Orient

Soldats américains morts en IrakIrak - Comme prévu, les démocrates américains n’ont pas tardé à poser le problème du retrait de leurs troupes de l’Irak. Ils vont même jusqu’à proposer un échéancier qui s’étalerait entre quatre et six mois.

La situation sécuritaire au pays de Saddam étant dans un état de dégradation avancée, tant à cause de la complexité des rapports intercommunautaires qu’à cause du comportement des troupes américaines elles-mêmes, il est clair qu’un retrait non préparé de ces troupes ne peut arranger les affaires du gouvernement irakien, qui pourrait perdre tout contrôle de la situation au moment même où il est appelé à la maîtriser.

Par ailleurs, le départ des Américains risque de donner certaines idées à quelques voisins, d’autant plus que l’armée irakienne, irréversiblement détruite lors de l’occupation, n’a encore retrouvé ni son organisation, ni sa force et encore moins son autorité.

Les Israéliens craignent, tout particulièrement, le scénario selon lequel l’Iran viendrait à «se mêler» de la reconstruction de l’Irak et s’opposent vigoureusement, de ce fait, à l’idée d’un échéancier aussi rapide que celui proposé par les démocrates. Non pas par amour pour les Irakiens, mais par crainte de voir Téhéran étendre plus son influence, affirmer davantage sa puissance dans la région et se faire encore plus «menaçant pour Israël».

Le déplacement d’Olmert aux Etats-Unis n’a donc en réalité d’autre objectif que celui, pressant, de convaincre le lobby juif des Etats-Unis, sinon d’empêcher, du moins de reporter à plus long terme le retrait des troupes américaines de l’Irak. L’Arabie Saoudite, par crainte du même scénario et pour les mêmes raisons, tentera certainement de peser de «tout son poids» auprès de l’ami américain pour qu’il n’envisage le retrait de ses troupes de l’Irak qu’une fois les conditions et les assurances obtenues que l’Iran ne tirerait pas profit de ce retrait.

Des déplacements de hauts responsables saoudiens aux Etats-Unis sont donc à prévoir dans les toutes prochaines semaines. La Jordanie, pour sa part, appuiera certainement les requêtes israéliennes et saoudiennes auprès de Washington. L’Egypte, toujours en quête d’un rôle important dans la région, ne sera pas en reste. Le Caire trouvera certainement le moyen de faire comprendre aux démocrates américains, et aux Irakiens eux-mêmes, qu’un retrait rapide des troupes américaines entraînerait à coup sûr une «déstabilisation dangereuse» de la région.

La proposition d’un retrait rapide des troupes américaines de l’Irak prend donc les contours d’un scénario catastrophe que beaucoup craignent. Mais logiquement, ce scénario n’a pas grande chance d’aboutir parce que, autant les républicains ont commis l’injustice d’envahir l’Irak sans raison, autant les démocrates commettraient l’injustice de l’abandonner à un moment de grande fragilité. Une injustice qui, si elle venait à être commise, se retournerait contre les démocrates un jour, comme ce fut le cas pour la guerre que Bush et les républicains ont chèrement payée.

Par A. H. - Quotidien d'Oran, le 15 novembre 2006.

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