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Palestine : Reconnaissance d’Israël, le difficile préalable

Mahmoud AbbasPalestine - Le gouvernement palestinien d’union nationale qui devrait être constitué dans les prochains jours ne reconnaîtra pas l’Etat d’Israël. Pour les dirigeants du Hamas, c’est un préalable inacceptable. «Il n’a pas été demandé au prochain gouvernement de reconnaître Israël et il ne le reconnaîtra pas», a déclaré un haut responsable du mouvement islamiste au moment où l’annonce d’un accord définitif était attendu.

Et d’argumenter : «Cette question de la reconnaissance d’Israël est sans précédent sur le plan international. Il n’a pas été demandé aux deux Allemagne de l’Ouest et de l’Est de reconnaître l’une l’autre alors que le monde entier les avait reconnues.» L’exemple des deux Corée et de la Chine et Taïwan à été également cité. «Pourquoi la Palestine, qui n’est pas encore un Etat, doit-elle reconnaître Israël ?».

Le dirigeant du Hamas a en outre déclaré que son parti, qui contrôle le gouvernement palestinien depuis mars, allait renoncer à onze ou douze portefeuilles dans le cabinet d’union en gestation auquel le parti Fatah du président Abbas s’apprête à se joindre. Ces déclarations qui risquent de compliquer les discussions surviennent alors que le président Abbas et le Hamas semblent sur le point de s’accorder sur la composition du futur cabinet après plusieurs mois de blocage.

Du côté du Fatah des efforts patents sont entrepris pour dépasser la crise. Le Conseil révolutionnaire du Fatah (CRF), qui comprend les 132 principaux cadres du mouvement palestinien, vient de désigner Abbas comme président du Comité central et commandant en chef du Fatah lors d’une réunion à Ramallah en Cisjordanie.

Depuis la disparition en novembre 2004 de Yasser Arafat, fondateur et leader incontesté du mouvement Fatah, le principal parti laïque palestinien souffrait de l’absence d’un véritable chef charismatique. Les tentatives de Farouk Kaddoumi grande personnalité palestinienne vivant en exil à Tunis, pour assumer ce rôle n’auront pas l’effet escompté.

Abbas a certes, succédé à Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne et de l’OLP, la centrale palestinienne, mais il n’était officiellement que simple membre de la plus haute instance de direction du Fatah, le comité central. Farouk Kaddoumi, secrétaire du Fatah, est considéré comme le chef suprême du mouvement alors qu’il n’a jamais mis les pieds dans les territoires palestiniens depuis 1967 et s’oppose frontalement aux accords d’Oslo de 1993.

Et l’Autorité palestinienne a vu le jour alors qu’une brouille a caractérisé la relation entre les deux hommes. L’un des hommes forts du Fatah en Cisjordanie, Jibril Rajoub, pense que la désignation d’Abbas au poste de commandant en chef du mouvement pourrait enterrer définitivement la querelle sur la direction du Fatah. «Il fallait en finir avec cette direction bicéphale à la tête d’un mouvement affaibli et en permanent recul» expliquera-t-il.

Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 15 novembre 2006.

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