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France : Fin de la bulle médiatique ?

Ségolène RoyalFrance - Les militants socialistes français choisissent aujourd’hui leur candidat à l’élection présidentielle de 2007.

Avant même qu’elle n’annonce sa candidature, Ségolène Royal était déjà présentée, à gauche, comme la potentielle remplaçante de Chirac. Les sondages lui donnaient tous les avantages et les médias se disputaient ses moindres faits et gestes.

Lionel Jospin, qui fit sa réapparition après un retrait de cinq ans de la vie politique, a vite dû remballer, à contrecoeur, ses aspirations à l’Elysée, suivi en cela par Jacques Lang. Après une série de débats devant les militants socialistes, Ségolène Royal continue de bénéficier, dans les sondages, d’une avance intéressante par rapport à ses deux concurrents, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, qui ont pourtant été, de loin, plus convaincants et autrement plus «qualifiés» pour la fonction à laquelle ils prétendent.

Et même Sarkozy, interrogé à Alger sur ses «préférences», n’a pas hésité à déclarer qu’il aimerait avoir affaire à Ségolène plutôt qu’aux autres. Mais la candidate de l’appareil du parti de Hollande n’a pas eu que des «faveurs». Dès l’annonce de sa candidature, elle a vu déballer sur la place publique une ancienne opération de sabotage du bateau de Green Peace par les services de renseignement français, opération à laquelle avait pris part son frère.

Ensuite, elle s’est vu faire l’objet d’un dépôt de plainte pour harcèlement moral à l’égard d’employés d’un musée. Et tout récemment, une vidéo «retouchée» a été balancée sur des blogs pour la décréditer. Ségolène Royal ferait-elle donc tant peur ? En réalité, la candidate préférée de François Hollande, et bien qu’elle ait déjà «bouffé» Jospin et Lang, est loin de pouvoir remporter les élections de 2007.

Sachant que Ségolène Royal n’a ni le poids politique ni l’envergure de ses concurrents, son élection comme candidate socialiste, qui fera sans doute la joie de Hollande, offrira une victoire certaine à la droite en 2007, et ce parce, actuellement, les Français, qui vivent assez mal aussi bien la mondialisation que l’Europe, savent qu’ils ont besoin d’une personnalité forte, d’un leader charismatique et volontaire qui puisse leur faire retrouver la cohésion sociale piétinée sur les trottoirs de la banlieue.

L’élection de Fabius semble, pour sa part, moins probable. Les faibles intentions de vote qui lui sont favorables ne devraient pas trop différer de la réalité, parce que nombreux sont les militants socialistes qui n’ont pas encore «avalé» la campagne fabiusienne pour le Non à la Constitution européenne, campagne qu’ils assimilent à une trahison à l’égard de leur parti. En gagnant un nombre important de points durant les débats entre les candidats, Dominique Strauss-Kahn a, quant à lui, amélioré ses chances, qui au départ déjà n’étaient pas des moindres.

Reste maintenant à savoir ce que vont décider les militants socialistes. Leur choix devra renseigner, certes, sur l’état d’esprit et les rapports de force qui règnent dans le parti, mais il renseignera beaucoup plus sur ce que le militant socialiste de France a compris de la mondialisation, ce qu’il a tiré comme conclusion de ses propres problèmes et, surtout, ce qu’il compte faire de la France et lui faire faire.

Par A. H. - Quotidien d'Oran, le 16 novembre 2006.

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