L’UE va-t-elle condamner Israël?
Réunis hier et aujourd’hui à Bruxelles, la Commission et le Conseil de l’UE vont probablement dénoncer les exactions d’Israël.
La situation en Palestine et les récentes flambées de violence seront au centre des débats, hier et aujourd’hui, entre les parlementaires européens, la Commission et le Conseil de l’U.E.
Le vote d’une résolution est prévu à l’issue de ces débats. Faut-il voir dans cette rencontre une réponse à l’échec de la condamnation d’Israël par le Conseil de sécurité de l’ONU la semaine dernière, pour cause de veto américain?
Probablement, si l’on tient compte du fait que les Européens ont voté la résolution du Conseil de sécurité condamnant Israël, des positions prises par l’U.E dans ce conflit et son appui à la construction d’un Etat palestinien viable aux côtés d’Israël.
Pour positive que soit la vision européenne pour la paix dans la région, il n’en reste pas moins que les choses ne sont pas aussi simples qu’elles le paraissent. Au sein de l’Union, en plus des croche -pieds fait par la Grande Bretagne de Tony Blair sur cette question, fidélité à l’Amérique de Bush oblige, s’ajoute l’alignement de certains nouveaux membres de l’U.E sur les thèses américaines, telles la Pologne conservatrice et la Hongrie.
Ce qui n’empêchera pas l’U.E de voter une résolution condamnant Israël, entendu que le vote se fait dans ces cas-là, à la majorité qualifiée (Plus de 50%). L’intérêt de l’U.E, en ces temps de confrontation géostratégique, est de marquer sa différence des USA. Premier bailleur de fonds pour la Palestine (plus que les pays arabes réunis) l’U.E entend reprendre un rôle de premier plan dans la région du Moyen-Orient.
Prise dans ses problème liés à son élargissement (la Roumanie et la Bulgarie arrivent en janvier 2007), au consensus sur le budget 2006- 2013, aux réformes de ses institutions (report de la Constitution) et bien d’autres sujets internes, l’U.E est confrontée beaucoup plus à des considérations internes qui l’empêchent de trouver ses marques et un poids décisif sur le plan externe.
En revanche, l’U.E tient à défendre ses principes liés à la légalité internationale et aux droits de l’homme, principes sacrés qui fondent sa construction et son avenir.
C’est dans ce sens que la majorité des élus et responsables européens ont été unanimes à dénoncer les agressions répétées d’Israël en Palestine occupée et ont crié fort leur indignation à la suite des massacres de Beit Hanoune.
Elus comme responsables que nous croisons régulièrement dans les institutions européennes, nous déclarent leur indignation et leur volonté d’aller jusqu’au bout pour condamner Israël et reprendre l’initiative pour la mise en place de conditions de paix et la construction d’un Etat palestinien indépendant.
Ils savent que la tâche n’est pas aisée face à l’administration Bush, mais ils comptent mettre à profit le changement de majorité au Congrès américain en faveur des démocrates pour ressusciter le processus de paix au Moyen-Orient.
Empêtré dans le bourbier irakien, George W.Bush lâchera-t-il du lest en Palestine occupée? Peu sûr!
En tous cas l’U.E profite de la conjoncture pour se replacer dans la région.
Les débats et le vote de ce jeudi sont une première amorce, une première réponse aux USA de Bush Junior.
Par Fatiha Amalou - L'Expression, le 16 novembre 2006.
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