Le Maroc confronté à ses terroristes
Maroc - Les arrestations de terroristes se multiplient au Maroc. Mercredi dernier, la police marocaine a annoncé l’arrestation de treize terroristes marocains présumés à Casablanca. Aucune précision officielle n’est donnée sur les circonstances de l’arrestation des éléments de ce groupe armé.
Le lendemain, plusieurs journaux du Royaume de Mohammed VI affirmaient que ces terroristes ont des liens avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).
Les personnes arrêtées appartiennent à la « structure terroriste » marocaine Jamaât Attaouhid Wal Jihad fi Al Maghrib (Groupe de l’unité et du jihad au Maroc), d’inspiration islamiste, avait indiqué la police sans autre précision.
« Il y a des liens entre cette organisation et le GSPC algérien », affirme le journal Al Ahdath Al Maghribia, citant des « sources bien informées », rapporte l’AFP.
L’organisation marocaine comptait installer un centre d’entraînement dans les montagnes de l’Atlas pour préparer des attaques contre des intérêts marocains et étrangers, ajoute ce journal. « Les services de sécurité ont pu établir que des liens ont été noués entre le réseau marocain et le GSPC algérien », écrit de son côté Le Matin.
L’organisation marocaine est l’auteur de plusieurs lettres de menaces et d’un communiqué adressé à l’ancien chef d’Al Qaïda en Irak, Abou Moussab Zarqaoui, l’appelant à exécuter deux otages marocains, selon Al Ahdath Al Maghribia.
Abdelkrim Mouhafidi, agent d’entretien à l’ambassade du Maroc à Baghdad et Abderrahim Boublam, chauffeur, ont été enlevés le 20 octobre 2005 alors qu’ils revenaient d’Amman où ils s’étaient rendus pour toucher leur salaire. Leur sort n’a jamais été élucidé.
La première perquisition a eu lieu début novembre au domicile de Driss El-Abdi, cordonnier à Casablanca. Ses deux fils ainsi que deux de leurs amis ont été arrêtés, rapporte L’Economiste. « La police a retrouvé des armes blanches et des livres religieux, mais aucune matière qui pourrait servir à la fabrication d’explosifs n’a été trouvée », ajoute L’Economiste.
C’est la deuxième fois depuis août dernier que la police marocaine annonce l’arrestation d’un groupe de terroristes. Au mois de juillet dernier, une autre cellule terroriste, Ansar Al-Mahdi, composée d’une cinquantaine de personnes, dont des femmes et des militaires, avait été démantelée également à Casablanca, la capitale économique du royaume chérifien. Hassan Khattab, fondateur présumé du réseau terroriste marocain Ansar El-Mahdi, a été auditionné par un juge d’instruction antiterroriste à Salé, près de Rabat, a-t-on indiqué mardi de source judiciaire.
Hassan Khattab est le fondateur présumé de la cellule Ansar El-Mahdi dont les autorités marocaines ont annoncé le démantèlement en août dernier. Cinq militaires, trois gendarmes et un officier de police faisaient partie de son réseau, selon le procureur. Khattab et 56 autres prévenus, actuellement en détention, sont poursuivis pour «constitution de bande criminelle en vue de préparer et de commettre des actes terroristes et atteinte grave à l’ordre public». Selon les autorités, la cellule Ansar El-Mahdi projetait de prendre le maquis dans les montagnes du Rif (nord) en vue de renverser le régime et instaurer un régime islamiste.
Selon la presse marocaine, le roi Mohammed VI a récemment limogé un général de l’armée après le démantèlement de la cellule de Hassan Khattab.
Par ailleurs, le procès du terroriste présumé marocain Youssef Addad et de 14 coaccusés a été reporté pour la onzième fois à Salé, près de Rabat, a indiqué vendredi à l’AFP une source judiciaire. Le procès a été une nouvelle fois reporté, au 8 décembre, pour faire bénéficier d’avocats les détenus démunis de l’assistance judiciaire, selon la même source.
Le groupe des 15 prévenus est poursuivi notamment pour « constitution de bande criminelle dans le but de commettre des actes terroristes, atteinte à la vie et à la sécurité des personnes, et possession illégale d’explosifs ». La première confrontation entre les 15 prévenus menée par un juge d’instruction remonte au 20 octobre 2004.
A partir du 29 décembre 2004, date de l’ouverture du procès, onze reports ont été décidés par le tribunal antiterroriste de Rabat, puis par celui de Salé qui l’a remplacé.
Le chef présumé du groupe, Youssef Addad, était recherché depuis l’été 2002 pour « implication dans des actes terroristes », selon l’accusation.
La police aurait découvert en mai 2003 qu’il était déjà incarcéré à Salé, sous une fausse identité, pour trafic de drogue.
Youssef Addad, selon la police, est membre du groupuscule marocain radical Assirat Al Moustaqim (Le droit chemin), responsable de plusieurs meurtres, perpétrés au nom de l’Islam pour «déviance morale». Au moins 2.000 personnes jugées pour terrorisme après les attentats de Casablanca, sont actuellement dans les prisons marocaines, purgeant des peines allant d’une année à la détention à vie et la peine de mort.
Par Hamid Guemache et Agences - Quotidien d'Oran, le 18 novembre 2006.
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