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ONU : Vers un déblocage salutaire de la crise du Darfour ?

Darfour, SoudanONU - Khartoum accepte le principe d’une opération de paix hybride ONU-Union africaine au Darfour, la région de l’ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003 et qui couve une des crises humanitaires les plus aiguës du monde actuel. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, en fait l’annonce après de longues discussions à Addis-Abeba avec une délégation soudanaise et l’UA. Reste la mise en pratique de cette option, notamment la désignation des responsables de haut niveau de l’opération et qui sera discutée entre les belligérants.

Anticipant les réserves de la part des partis récalcitrants côté soudanais, Annan déclarera que «la force de paix sera majoritairement africaine». A l’heure actuelle, une force de paix de l’UA est déployée au Darfour, mais elle est sous-financée et mal équipée. L’ONU doit prendre le relais de cette force, conformément à la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l’ONU votée le 31 août. Khartoum y est jusqu’à présent réfractaire, la considérant comme cachant des velléités colonialistes.

D’ailleurs, le représentant permanent du Soudan à l’ONU, Abdulmahmoud Abduhaleem, dira que «ce nouveau plan, qui peut être largement accepté par le Soudan, mène la 1706 à sa tombe». Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Lam Akol, avait rappelé la position de Khartoum, à savoir que son pays peut accepter que les Nations unies assistent en termes logistique, télécommunications et techniques mais «le commandement des troupes doit rester africain».

C’est en février 2003 que la crise du Darfour a éclaté entre des rebelles d’ethnies africaines et l’armée de Khartoum appuyée par les milices arabes dites Djandjawids. Une crise qui a fait jusqu’alors plus de 200 000 morts et provoqué le déplacement de 2,5 millions de personnes, notamment au Tchad voisin. Kofi Annan, sur le départ de son poste onusien, avait convoqué à Addis-Abeba cette réunion de haut niveau sur le Darfour, en collaboration avec le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré.

Participaient aux discussions des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, France, Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne), et du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Khartoum avait dépêché son ministre des Affaires étrangères, et la Ligue arabe son secrétaire général, Amr Moussa. Pour Annan, «le conflit au Darfour ne peut être résolu que grâce à un processus politique qui doit inclure toutes les parties, et l’accord de paix d’Abuja en mai 2005 est la seule base pour ce processus».

Le fameux accord de paix d’Abuja entre Khartoum et la faction majoritaire de la rébellion du Mouvement de libération du Soudan (SLM) a été malencontreusement violé par les deux camps. L’autre mouvement de rébellion, le JEM (Mouvement pour la justice et l’égalité), a refusé l’accord, ainsi que la faction minoritaire du SLM dirigée par Abdel Wahid Mohammed Al Nour. Les participants ont pris en considération trois options : «Les moyens de redynamiser le processus de paix, établir un cessez-le-feu renforcé et avancer dans le maintien de la paix au Darfour.» Le statu quo perdure depuis, alors que les populations du Darfour n’en finissent pas de souffrir.

Par Moumene Belghoul et Agences - La Tribune, le 18 novembre 2006.

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