Algérie : Alger, une ville en 2010
Algérie - Alger sera la capitale de la culture arabe 2007. Avant, elle était la capitale de l’Algérie. Elle est la ville qui reçoit énormément de décideurs. Mais cette ville ne possède pas suffisamment d’hôtels pour recevoir ses hôtes. Les restaurants sont cloîtrés dans des zones spécifiques et sont très chers.
Les grandes artères sont dans un état lamentable, et mis à part quelques boutiques de vêtements, le chaland n’a pas grand-chose à y faire.
Alger est une ville qui n’a plus de centre. Elle croît dans toutes les directions sans savoir ni pourquoi ni comment. La banlieue est hideuse. Les jeunes n’ont pas d’activités sportives car personne n’a pensé qu’ils avaient de l’énergie à dépenser.
Alger étouffe sous le nombre de véhicules qui la traversent quotidiennement. Alger souffre de l’incivisme de ses habitants. La ville n’en est pas une et la «rurbanisation» l’enlaidit chaque jour un peu plus. Cette ville n’a de capitale que le statut que lui confère la Constitution.
En cette période d’embellie financière, les pouvoirs publics pourraient faire quelques efforts pour conférer à cette ville le statut qu’elle mérite.
Il n’est point concevable que des locaux commerciaux immenses soient fermés pour cause de «faillite d’idées» lorsque le propriétaire est public et de conflit d’héritage pour le privé. Le nombre d’appartements inhabités est énorme aussi.
Pourtant, le chômage et la crise de logement ont été décrétés «ennemi numéro un» du gouvernement actuel et de ceux qui l’ont précédé.
Les investisseurs qui seront présents à Alger savent que la capitale a un déficit chronique en immobilier d’affaires et touristique. Quelques-uns ont déjà fait des propositions. Leurs projets se situent sur la baie car les terrains ont été distribués de manière anarchique les années précédentes.
Le gouvernement a mis en place trois programmes de développement. Deux sont consacrés à des régions du pays. Il serait peut-être bon de consacrer une partie des surplus de la fiscalité pétrolière à Alger pour qu’elle redevienne une ville en attendant de la voir capitale.
Il est clair, cependant, que les décideurs ne devront pas avoir peur de détruire de vieilles bâtisses héritées de la période coloniale pour transformer certains quartiers en nouveaux. Alger mérite mieux que des hangars en plein Hamma. Elle mérite mieux que de minuscules maisons d’un étage au boulevard Hassiba Ben Bouali.
Certains penseurs définissent l’intégrisme comme le refus de la modernisation.
Si les décideurs à Alger, élus et désignés, refusent d’en faire une ville moderne et fonctionnelle cela n’est pas dû à un intégrisme pro-Algérois mais à une absence de vision.
Alger sera l’année prochaine la capitale de la culture arabe, il faut juste espérer qu’elle sera enfin une ville en 2010.
Par Amine Echikr - La Tribune, le 18 novembre 2006.
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