Bouteflika appelle les Arabes à investir en Algérie
L’Algérie réitère sa volonté d’échapper définitivement à la dépendance exclusive de ses hydrocarbures. C’est pourquoi elle appelle les investisseurs étrangers, notamment arabes, pour parvenir à diversifier sa base productive qui lui permettrait de se dégager «d’une dépendance trop exclusive» des hydrocarbures.
C’est cette démarche qu’a défendue hier le chef de l’Etat à l’occasion de l’ouverture du 10e congrès des hommes d’affaires arabes. «Nous accepterons tous les concours qui voudront bien se proposer sur la base d’avantages mutuels. Celui des investisseurs arabes sera plus particulièrement bienvenu», a soutenu le chef de l’Etat.
Il précisera que les efforts de l’Algérie visent à «asseoir les bases solides d’un essor décisif qui permettra de valoriser pleinement nos atouts en diversifiant notre base productive, en affrontant la compétition internationale et en nous dégageant d’une dépendance trop exclusive des hydrocarbures».
Plaidant l’émergence d’un nouvel environnement macroéconomique, le chef de l’Etat soulignera la levée de la majorité des contraintes qui obstruaient toute autonomie économique.
«C’est ainsi que l’assainissement des finances publiques se traduit, depuis plusieurs années, par d’importants excédents, affectés à un fonds de régulation des recettes destiné à prémunir la dépense publique de toute volatilité des cours pétroliers». Le chef de l’Etat affirmera également la maîtrise de l’inflation, la stabilité du taux de change et du taux d’intérêt depuis les tout débuts de la décennie. Des paramètres qui contribuent à éclaircir le climat environnant de l’entreprise économique.
Il attestera, par ailleurs, d’une consolidation de la cohésion sociale grâce aux programmes de relance qui ont contribué «à réduire le chômage d’un taux de 30% en 1999 à moins de 15% aujourd’hui, alors que la consommation des ménages, depuis l’année 2000, a progressé au rythme de 9% par an».
Le chef de l’Etat soulignera, à l’occasion, que «les infrastructures économiques bénéficient, quant à elles, de près de 40% de l’enveloppe globale avec, en particulier, la réalisation d’une autoroute qui traversera tout le pays d’Est en Ouest et constituera un moyen important pour favoriser l’intégration maghrébine et arabe».
M. Bouteflika ne manquera pas de souligner l’ouverture de «la quasi-totalité des secteurs d’activité à l’initiative privée sans distinction d’aucune sorte entre investisseurs nationaux et étrangers». Dans ce contexte, il citera les secteurs des banques, des télécommunications, des mines, des transports, de l’électricité, «pleinement ouverts au marché des capitaux».
Il attirera l’attention, dans ce sillage, sur le nouveau programme de privatisations qui vise un «désengagement de l’Etat, tout en favorisant le développement technologique et l’élargissement des capacités managériales». Un objectif attendu aussi des investisseurs étrangers et renforcé par le nouveau code des investissements.
Toutefois, le chef de l’Etat n’hésitera pas à reconnaître les insuffisances. Des insuffisances qu’il situera «dans le dispositif d’encouragement et de facilitation de l’investissement» qu’il affirme vouloir corriger.
Dans cette perspective, il relèvera «un prochain aplanissement des difficultés liées à la disponibilité des terrains d’assiette industriels et à la complexité des procédures d’attribution» ainsi qu’«une amélioration sensible de la qualité du service financier, sous l’effet, déjà perceptible, de l’achèvement du programme de modernisation qui a été mis en œuvre dans les grandes banques publiques, et sous l’effet de la privatisation prochaine de l’une d’entre elles».
La spécialisation des magistrats s’inscrit, selon M. Bouteflika, dans ce contexte et «devrait permettre une plus grande célérité dans le règlement des litiges commerciaux». Tous «ces efforts» sont inscrits, selon le chef de l’Etat, dans le cadre d’une démarche intégrée concernant l’investissement humain.
Par Ghada Hamrouche - La Tribune, le 19 novembre 2006.
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