Plus de cinquante morts au sud de Baghdad
Irak - Il ne se passe pratiquement plus un jour sans que le nouvel Irak voulu par l’Amérique de Bush subisse son lot de tueries et d’attentats faisant de ce pays une des zones les plus sanglantes de la planète.
Hier, une cinquantaine de personnes, dont vingt-deux ouvriers, ont été tuées dans des attentats dans la seule ville chiite de Hilla au sud de Baghdad. «Un kamikaze a fait exploser le véhicule dans lequel il était au milieu d’un attroupement d’ouvriers du bâtiment, dans le centre» de cette ville chiite située à 120 km au sud de Baghdad, faisant 22 morts et 44 blessés. L’explosion a dévasté tout le quartier.
Dans la capitale, Baghdad, un autre attentat considéré comme anti-chiite a tué 10 personnes et en a blessé 45 lors d’une série d’explosions de voitures piégées près d’une station de bus du quartier chiite Al Meshtel.
Les explosions à la voiture piégée sont en passe de devenir une spécialité irakienne.
La guerre interconfessionnelle, effective quoi qu’on dise, embrase l’Irak depuis la destruction, en février dernier, du mausolée chiite de Samarra, une ville sunnite au nord de Baghdad. Résultat : des milliers de morts et des centaines de milliers de chiites et de sunnites déplacés. Hilla la Babylonienne était restée relativement calme : le dernier attentat contre un centre de recrutement de l’armée ayant fait 12 morts en août.
Par ailleurs, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, doit arriver à Baghdad pour une visite historique, première du genre depuis la chute de Saddam Hussein. Mouallem, dont la visite durera deux jours, rencontrera le Premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, ainsi que son homologue irakien, Hoshyar Zebari. Une visite qui revêt un cachet particulier : les Américains ayant à plusieurs reprises accusé nommément la Syrie et l’Iran de soutenir l’insurrection en Irak. Mais depuis quelque temps le ton a changé. La diplomatie syrienne a repris du poids sur la scène internationale.
Tony Blair, le Premier Ministre britannique, a même demandé à la Syrie et à l’Iran de devenir «des partenaires dans une solution de paix en Irak et au Moyen-Orient». En attendant, les autorités irakiennes, éprouvant de grandes difficultés à contrôler un pays qui va en vrille, continuaient à traquer les ravisseurs de cinq agents de sécurité occidentaux enlevés jeudi près de la frontière koweïtienne.
«Nous contrôlons tout le district et nous espérons que la libération des otages, quatre Américains et un Autrichien, pourra intervenir bientôt», a déclaré le directeur des opérations pour la région de Bassorah. Les cinq agents de la compagnie Crescent Security Group (CSG), basée au Koweït, ont été enlevés jeudi.
Les enlèvements d’étrangers, médiatisation aidant, sont plus sérieusement pris en charge par les services de sécurité rakiens, alors que les kidnappings d’autochtones passent inaperçus et finissent souvent dans le sang.
Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 20 novembre 2006.
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