Algérie : L’intérêt des investisseurs se focalise sur les hydrocarbures
Algérie - L’Algérie a des atouts dans les secteurs du tourisme, de la banque, de la sous-traitance, etc.
Les décideurs politiques et économiques ne cessent de mettre en avant les avantages et les possibilités offertes par une législation libérale et un marché occupé par des importations diverses. Pourtant et à chaque visite d’un responsable politique, ce sont les questions énergétiques qui occupent l’essentiel des discussions.
Le monde a faim d’énergie et l’Algérie représente, en raison de ses réserves de gaz et de pétrole, un des acteurs majeurs de l’après-peak oil.
Cette donnée fondamentale relativise tous les discours et tous les avantages comparés.
Les investisseurs étrangers pensent à la rentabilité de leurs investissements. Le prix de la tonne équivalent pétrole est appelé à augmenter au fur et à mesure que les pays sous-développés verront leurs taux de croissance augmenter.
La problématique à laquelle se trouve confronté le gouvernement se situe dans une double optique : comment réduire la dépendance de l’économie algérienne tout en maintenant un investissement important dans le secteur énergétique ?
Les différents programmes de développement, les actions spécifiques envers différents secteurs (tourisme et PME particulièrement) visent à augmenter leurs parts dans un PIB fortement dépendant des hydrocarbures et donc des marchés extérieurs.
Les appels récurrents des ministres en charge de la privatisation trouvent difficilement écho auprès d’investisseurs qui connaissent la réalité de la bureaucratie algérienne.
Les exemples de privatisations réussies sont trop peu nombreux pour que les investisseurs éventuels puissent se bousculer afin de reprendre des entreprises qui perdent chaque jour des parts de marché. Selon certains investisseurs qui ont fait des offres pour la reprise de certaines entreprises publiques, il est plus facile de créer une nouvelle entité et de se lancer à la conquête de parts de marché que de se lancer dans des négociations ardues d’une lenteur peu commune pour acquérir une entreprise ayant un outil de production obsolète et perdant chaque jour une partie de son chiffre d’affaires.
En fait, les seuls secteurs qui possèdent une certaine attractivité pour un investisseur sont ceux qui restent sous quasi-monopole public à l’instar des assurances et des banques ou ceux qui sont quasi vierges comme celui du tourisme de masse. Aux yeux de la majorité des investisseurs, seul le foncier des EPE peut susciter l’intérêt.
Mais cette qualité ne pèse pas lourd dans la balance financière lorsque «le maintien de l’activité et la sauvegarde de l’emploi» sont des exigences intangibles des pouvoirs publics.
Cette contrainte pourrait être levée dans le cadre du pacte social et de l’intérêt bien compris de l’économie prise dans sa globalité. Les attraits de l’Algérie peuvent être mis en avant à chaque occasion, il n’en demeure pas moins que, pour un investisseur, le taux de profit est la seule motivation qui compte. La taille du marché algérien n’est pas assez importante pour que des investisseurs perdent plusieurs mois dans les labyrinthes de l’administration. Les perspectives de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne peuvent attirer certains acteurs dans la production de biens de consommation.
Le retour sur investissements, avec un marché de plus de 300 millions de consommateurs, sera attrayant. Mais les avantages de l’Algérie seront comparés à ceux de la Libye, de la Tunisie, du Maroc et d’autres pays de la Méditerranée.
Les retards accumulés en raison des choix politiques et de la situation sécuritaire feront qu’à l’horizon 2010 l’Algérie aura enfin des infrastructures socio-économiques qui permettront à un investisseur de lancer ses projets sans contraintes majeures au moment où les pays voisins seront déjà dans un processus de production de biens et services destinés au marché européen.
Les délais de réalisation et de mise en service d’un investissement productif font que l’Algérie sera un des premiers fournisseurs de l’Europe en électricité et en gaz.
Pour les autres secteurs et au-delà des différents rapports et études démontrant les tares de l’administration algérienne, la question de la sauvegarde de l’emploi dans le cadre de la privatisation devra bien être posée.
Il ne sert à rien de maintenir une entreprise publique sous assistance du Trésor public pour préserver l’emploi et empêcher ainsi un investisseur d’en créer et de payer des impôts.
Ce paradoxe social devra être solutionné. En attendant, l’énergie continuera à être le seul atout de l’économie algérienne.
Par Amine Echikr - La Tribune, le 20 novembre 2006.
Actualité en Algérie
Toute l'actualite du moment
Forum Algérie Monde - Debats et discussions sur l'Algérie et sur le Monde.