Gaz : les Européens pressés de signer avec l'Algérie
Algérie - En situation de dépendance énergétique croissante vis-à-vis de l’extérieur, notamment de la Russie qui lui assure le quart de sa consommation en gaz et pétrole, l’Union européenne espère conclure rapidement un accord de coopération énergétique avec l’Algérie.
L’annonce a été faite hier par Mme Ferrero Waldner, la commissaire européenne aux relations extérieures de l’UE, à l’ouverture d’une conférence européenne sur l’énergie.
C’est à ce titre qu’un projet de mémorandum a été adressé aux autorités algériennes par la Commission européenne qui devrait relancer les discussions autour de l’établissement du partenariat énergétique, à l’occasion de la visite d’une mission de l’exécutif de l’UE à Alger, le mois prochain.
10% du gaz consommé par l’UE provient d’Algérie et avec la perspective du doublement des exportations algériennes, ce niveau sera proche de celui exporté par la Russie, premier partenaire de l’UE en matière énergétique.
Outre le partenariat avec l’Algérie, l’Union européenne envisage également de renforcer ses relations avec d’autres pays exportateurs du bassin méditerranéen comme l’Egypte et la Libye qui n’est pas liée par un accord d’association avec l’UE.
D’autre part, l’UE oeuvre à intégrer progressivement les marchés d’électricité du Maghreb et gazier du Machrek (Egypte, Jordanie, Syrie, Liban, Palestine Israël) au marché européen de l’énergie. Mme Ferrero a par ailleurs indiqué que l’UE vise à créer, à long terme, «une maison commune de l’énergie euro-méditerranéenne».
La nécessité pour l’Europe de diversifier ses sources en énergie est de plus en plus évoquée par les responsables européens.
L’Algérie semble bien placée pour être l’option pouvant réduire la dépendance énergétique de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie. Le partenariat énergétique entre l’UE et l’Algérie a été l’un des dossiers abordés, le mois dernier à Madrid, par le ministre des Affaires étrangères espagnol Miguel Angel Moratinos et son homologue allemand Franz Walter Steinmeier. «Nous avons abordé les relations avec la Russie et l’Algérie en matière énergétique.
Nous avons évoqué la nécessité de diversifier nos sources d’approvisionnement en énergie. Nous avons parlé d’un partenariat énergétique avec l’Algérie et le nord de l’Afrique», avait déclaré Moratinos lors d’une conférence de presse conjointe consécutive à ses entretiens avec le ministre allemand des AE. Le chef de la diplomatie espagnole a précisé que cette diversification des sources permettra non seulement à l’Espagne mais aussi, dans l’avenir, à l’UE de disposer d’autres sources d’énergie.
Néanmoins, les efforts de l’UE pour résoudre les problèmes posés par la place croissante de l’énergie dans sa politique étrangère semblent freinés par les divisions persistantes entre les 25 sur l’énergie.
C’est ce que déplore le haut représentant de l’UE pour la politique extérieure de l’UE, Javier Solana. Le diplomate en chef de l’Union européenne qui s’exprimait hier, lors d’une conférence sur la politique énergétique européenne à Bruxelles, a affirmé que si l’énergie est devenue ces derniers mois une priorité des sommets européens et des réunions avec les pays extérieurs de l’UE, «nous n’avons pas encore de politique énergétique extérieure européenne».
Javier Solana a affirmé que les 25 sont trop souvent divisés et qu’il faut que les choses changent. «Soyons clairs, si nous n’arrivons pas à promouvoir une position unie et substantielle sur cette question, nos partenaires se joueront de nous. Ça a déjà failli être le cas plusieurs fois», a ajouté Solana, sans donner d’exemples précis. Plus généralement, Solana a estimé que l’importance croissante des questions énergétiques compliquait la politique extérieure de l’UE.
Pour atténuer les divisions au sein des 25, la France avait déjà proposé, le mois dernier, l’organisation d’un sommet de l’Union européenne avec ses partenaires énergétiques. La France qui insiste sur la nécessité d’assurer la cohérence européenne dans le domaine énergétique, avait proposé aussi la création, au sein des structures européennes, d’un poste de représentant spécial de l’UE pour l’énergie.
Face à la dépendance européenne vis-à-vis des fournisseurs d’énergie extérieurs et l’importance de la sécurité d’approvisionnement, les responsables français avaient estimé que les pays de l’UE se devaient d’agir de manière coordonnée pour pouvoir exercer une véritable influence sur les marchés mondiaux de l’énergie et contrer de manière plus efficace les perturbations dans le domaine énergétique.
Par Djamel B. - Quotidien d'Oran, le 21 novembre 2006.
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