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Le Conseil de sécurité n’est pas la communauté internationale

ONUPalestine - L’assemblée générale de l’ONU a voté à une écrasante majorité une résolution demandant la fin de toutes les formes de violence entre Israël et les Palestiniens et préconise l’établissement d’une mission d’enquête sur le massacre commis pas l’artillerie israélienne qui a fait 19 tués palestiniens, surtout des femmes et des enfants, le 8 novembre à Beït Hanoun.

Cette résolution n’est pas contraignante, ce qui permet à Israël d’en ignorer les recommandations. Ce qui n’a pas toutefois empêché l’Etat hébreu de se déclarer scandalisé par son vote et la partialité de jugement de ceux qui l’ont adopté. Israël s’est toujours fait un paravent de la communauté internationale dans ses agressions contre les Palestiniens ou les autres peuples de la région.

L’on comprend son désarroi quand cette communauté internationale exprime aussi largement qu’elle l’a fait en assemblée générale de l’ONU, sa désapprobation du comportement israélien. Pour trop mesurée qu’elle soit vue du côté des Palestiniens et des Arabes en général, la résolution de l’assemblée générale a cependant valeur de condamnation morale de l’Etat d’Israël et confirmation de son isolement international, que seul le veto et l’appui de l’administration américaine contrebalancent.

Mais elle démontre surtout que ce que le Conseil de sécurité décide sous la pression des Etats-Unis n’est pas la traduction de la véritable volonté de la communauté internationale. Quand elle s’exprime au dehors de ce Conseil de sécurité, cette communauté manifeste sans équivoque son refus d’entériner l’impunité dont bénéficie Israël du fait du parapluie américain.

La contradiction qu’il y a entre certaines décisions du Conseil de sécurité et les prises de position en assemblée générale de l’ONU, et donc de l’écrasante majorité des Etats de la planète, justifie qu’il faut aller à la réforme de l’organisation internationale. Il y a en effet urgence à affranchir cette vieille et indispensable institution de la tutelle arrogante et sans partage des «grandes puissances» qui, s’étant arrogé le droit de veto au Conseil de sécurité, ont réduit ses autres membres à une masse de manœuvre qu’ils qualifient de communauté internationale uniquement quand leur attitude et leurs votes coïncident avec leurs intérêts nationaux.

Dans le dernier vote sur le conflit palestinien à l’assemblée générale de l’ONU, seuls les Etats-Unis et une demi-douzaine de micro-Etats de l’océan Pacifique ont soutenu le refus du texte en débat exprimé par le représentant de l’Etat hébreu. La communauté internationale, la vraie représentation de ce concept, a elle abondé dans le sens des Etats arabes.

Tel-Aviv et Washington persisteront malgré tout à se prévaloir de cette communauté internationale dans leur politique de déni et d’agression à l’endroit du peuple palestinien. Le droit, la légalité internationale que l’ONU est censée incarner et faire respecter sont impossibles à faire admettre. Tant que le fonctionnement de l’organisation mondiale sera conditionné par la toute-puissante volonté de quelques-uns.

Par Kharroubi Habib - Quotidien d'Oran, le 21 novembre 2006.

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