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Washington cherche à se sortir du guêpier irakien

Soldat américain en IrakIrak - Les résultats des élections américaines de «mid-terms» fortement influencés par le bourbier irakien commencent à avoir leur concrétisation sur le terrain. Il devient impératif pour Washington de trouver une issue à la crise, même à un prix exorbitant.

Le quotidien Washington Post révèle que l’armée américaine étudie sérieusement trois options pour «améliorer la situation» en Irak dans le but de dépasser la crise qui commence à avoir de l’effet à l’intérieur même de l’Amérique. La débâcle des Républicains à la Chambre des communes et au Congrès en est la plus parfaite des illustrations.

Augmenter le nombre de soldats, alléger la force mais rester plus longtemps, ou se retirer du pays complètement sont les trois options inscrites sur les tablettes des stratèges du Pentagone. Ces trois options, connues sous les noms de code «Go Big», «Go Long» et «Go Home», selon de hauts responsables du ministère de la Défense sous le couvert de l’anonymat, sont décortiquées par un groupe d’experts travaillant pour l’état-major.

Les premiers résultats qui ont filtré font état de décisions importantes dans les prochains jours. Les experts vont probablement recommander, dans un premier temps et à court terme, une légère augmentation des troupes : de 20 000 à 30 000 hommes supplémentaires, et, sur le long terme, un engagement en matière d’entraînement et de conseil aux forces irakiennes sur place.

L’option «Go Big», la plus risquée, nécessiterait plusieurs centaines de milliers de troupes supplémentaires tant américaines qu’irakiennes, ainsi qu’une police irakienne lourdement armée, toujours selon le quotidien. Elle serait écartée par les stratèges, considérant que les effectifs de l’armée américaine sont insuffisants pour y faire face et que les forces irakiennes ne sont pas assez performantes. Les forces de sécurité irakiennes, particulièrement visées par les attentats, vivent une véritable déconfiture en dépit des moyens considérables mis à leur disposition.

La seconde option baptisée «Go Home» serait également rejetée car, paradoxalement, elle plongerait l’Irak dans une guerre civile sanglante aux conséquences désastreuses pour toute la région du Moyen-Orient. Déjà que la situation actuelle en Irak reste d’une extrême complexité en plus de la violence quotidienne qui la caractérise et qui n’épargne aucune strate de la société.

Hier, le vice-ministre irakien de la Santé, Hakim Al Zamili, a miraculeusement échappé à un attentat le visant à Baghdad. L’attentat qui survient au lendemain de l’enlèvement d’un autre vice-ministre de ce ministère a coûté la vie à deux de ses gardes du corps. Le convoi du ministre était de passage dans une avenue du centre-ville lorsque des hommes armés ont tendu une embuscade, tirant sur les voitures des officiels.

Les responsables politiques irakiens considérés par les insurgés comme des traîtres et travaillant au service de l’occupant sont devenus une cible de choix. Les imposants dispositifs de protection n’y feront rien. Dimanche dernier, un autre vice-ministre de la Santé, Ammar Al Saffar, a été enlevé, avec une facilité déconcertante, à Baghdad par des hommes armés. Ainsi va l’Irak voulu et imposé par les stratèges du Pentagone (qui n’arrivent pas à démêler l’écheveau qu’ils ont noué) décidément pas aussi experts que cela.

Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 21 novembre 2006.

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