Nouvel espoir de paix au Proche-Orient ?
Palestine - Pays arabes et européens semblent croire de nouveau à une possible paix au Proche-Orient même si les craintes de désillusions perdurent.
Les positions d’ouverture du Hamas, l’appel d’Ehud Olmert à la reprise du dialogue, le cessez-le-feu à Ghaza suscitent un espoir qui reste néanmoins ténu .
«Il existe un espoir latent fondé sur les récents développements» entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré hier le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, résumant le sentiment général qui prévalait parmi les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) et du pourtour méditerranéen réunis à Tampere en Finlande.
«Je pense qu’il y a des perspectives. Il y a quelques jours encore, ces perspectives n’existaient pas», pense de son côté Nabil Chaath, conseiller du président Mahmoud Abbas et personnalité palestinienne de premier plan. Pour Amr Moussa, cet espoir «se fonde sur le cessez-le-feu à Ghaza, sur les déclarations du chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, concernant une acceptation d’un Etat palestinien d’après les frontières de 1967 et l’offre du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, de démanteler des colonies et de se retirer des territoires palestiniens.»
«Ce pourrait être un bon point de départ» pour une relance du processus de paix, a-t-il ajouté. Nabil Chaath avance trois conditions pour une reprise sérieuse du dialogue palestino-israélien : consolidation du cessez-le-feu, échange de prisonniers et cessation immédiate du siège inhumain des Palestiniens. Ces conditions réunies «conduiront directement à la table des négociations», selon lui. Tous les ministres soulignaient en particulier les déclarations de dimanche de Khaled Mechaal depuis Le Caire, mettant en avant une véritable opportunité politique pour un Etat palestinien dans les frontières de 1967.
Ces déclarations étaient au cœur de toutes les rencontres bilatérales de la réunion de Tampere.
A court terme, Européens et pays arabes soulignent l’urgence de mettre en place le gouvernement palestinien d’union nationale. Ce qui permettrait de stabiliser la situation politique des Palestiniens et faciliterait une rencontre entre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le chef du gouvernement israélien, Ehud Olmert, que tous disent souhaiter. Pour le moment, les Etats-Unis comme l’UE considèrent le Hamas qui dirige le gouvernement palestinien comme un mouvement terroriste.
Ils conditionnent l’établissement d’un dialogue à la reconnaissance par le Hamas du droit d’Israël à l’existence et des accords israélo-palestiniens passés, ainsi qu’à son renoncement à la violence. Le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a suggéré que le quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) mette en place un «mécanisme de surveillance du cessez-le-feu». Ce mécanisme ne suppose pas nécessairement l’envoi d’hommes sur le terrain, a-t-il souligné.
Dix des 25 partenaires méditerranéens étaient représentés à la réunion de Tampere : Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Palestine et Turquie.
Par Moumene Belghoul et Agences - La Tribune, le 29 novembre 2006.
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