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740 cas de sida et 2 092 séropositifs en Algérie

Sida en AlgérieAlgérie - L’épidémie du sida continue de faire des victimes en Algérie. Les dernières statistiques indiquent que ce sont au total 740 cas de sida et 2 092 séropositifs qui sont confirmés jusqu’au mois de septembre 2006. 282 personnes ont trouvé la mort, selon le président de l’association «AIDS Algérie», M. Adel Zeddam. Des chiffres loin de refléter la réalité du terrain, sachant que parmi les porteurs du virus, certains ne le savent même pas. Ces personnes ignorent complètement leur maladie et ne demandent pas de soins tant que leur mal ne se manifeste pas.

675 personnes atteintes du virus du sida (dont 336 femmes et 7 étrangers) suivent un traitement de la trithérapie (composée de trois anti-rétro-vitro), dans les sept centres de traitement respectifs (l’hôpital d’El Kettar avec 345 sidéens, le CHU d’Oran avec 200 personnes, l’hôpital de Sétif avec 36 sidéens, Tamanrasset avec 32 malades, Annaba avec 14 et Constantine avec 8 sidéens), a affirmé, dans une déclaration à l’APS, jeudi dernier, le professeur Dif, président du Comité national de lutte contre les infections sexuellement transmissible (IST) et sida (CNLIST-SIDA).

543 sont âgées entre 15 et 48 ans, a-t-il précisé. Pour le Dr Oulmane Djamel Eddine, spécialiste en communication sociale et président de l’association Primage (Promotion de l’image pour l’éducation et la prévention), ceci n’est que la partie visible de l’iceberg. Pour cause, souligne-t-il, «d’après les experts internationaux du sida, pour une personne séropositive décelée et connue par les services de santé, il y a 8 à 10 cas de séropositifs inconnus au sein de la société. Cette règle est applicable dans tous les pays du monde et l’Algérie n’y échappe pas.

Nous pouvons donc dire qu’en Algérie, il y a entre 16 000 et 20 000 personnes contaminées par le virus du sida qui ignorent qu’elles sont séropositives et qui échappent totalement aux services de santé. Ceci pour la bonne raison qu’une personne séropositive ne présente aucun signe de la maladie pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Elle ne sera pas donc demandeuse de soins et ne se rapprochera pas des services de santé. Elle peut donc, durant tout ce temps, contaminer d’autres personnes sans s’en rendre compte».

Les adultes jeunes, c’est-à-dire ceux en âge d’avoir des rapports sexuels, sont les plus exposés au danger. C’est pour quoi «il est urgent que les autorités de notre pays (ministères de l’Education nationale, Jeunesse et Sports, Enseignement supérieur et Formation professionnelle…et bien évidemment la Santé) fassent plus d’efforts en matière d’éducation et de communication sociale sur la santé reproductive et la sexualité, en ciblant les jeunes et les enfants» appelle-t-il. Toutes les wilayas du pays sont touchées, sans exception aucune, et les personnes qui vivent avec le virus sont généralement identifiées dans des wilayas autres que celles où elles résident habituellement.

La prostitution et les rapports sexuels non protégés demeurent les causes premières de la progression de cette maladie. Le plus grand nombre de cas est enregistré dans la wilaya de Tamanrasset, une zone de transit par excellence, connue pour son flux migratoire (les nombreux étrangers qui viennent de l’Afrique subsaharienne) et l’ampleur du phénomène de prostitution. Quatre centres de dépistage gratuits et anonymes y sont ouverts (In Salah, In Guezzam, Tin Zaouatine et Tamanrasset) et un autre le sera prochainement.

Selon le président du Comité national de lutte contre les infections sexuellement transmissible (IST) et Sida (CNLIST-SIDA), 54 autres centres de dépistage seront ouverts dans différentes autres wilayas du pays pour «une meilleure prise en charge de cette épidémie et la maîtrise de l’information». Le professeur Dif estime toutefois que «seule la prévention, la sensibilisation sur l’abstention de toute relation sexuelle hors mariage et l’utilisation des préservatifs peuvent atténuer la propagation de cette maladie». Un avis partagé par d’autres spécialistes du domaine, le professeur Kamel Sanhadji, en tête. Lors d’une conférence de presse, tenue mercredi dernier à Alger, le professeur Sanhadji a relevé «le relâchement de la prévention dans le monde entier», et a averti que «le vaccin contre le VIH/Sida ne peut être inventé avant plusieurs années de recherche».

Selon lui, «la capacité du virus du sida de se multiplier et de changer de forme complique les recherches dans ce sens». Dans le monde, 39,5 millions de personnes sont atteintes de cette maladie, dont 63% dans l’Afrique subsaharienne. La maladie continue de progresser avec 11 000 nouvelles contaminations par jour et près de 3 millions de morts par an, selon les estimations de l’ONUSIDA. Notons enfin que la prévention du sida était hier le thème du prêche d’hier, dans l’ensemble des mosquées du pays, sur instruction du ministère des Affaires religieuses et des Waqfs.

Par Karima Mokrani - La Tribune, le 2 décembre 2006.

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