Algérie : Et l’investissement ?
Algérie - Pratiquement sous embargo au crépuscule du dernier millénaire, l’Algérie aura finalement réussi à vaincre la frilosité des pays occidentaux.
C’est un fait que personne ne saurait d’ailleurs contester sans tourner le dos à la nouvelle réalité des relations économiques et diplomatiques de notre pays avec nombre de pays essentiellement européens.
A n’en pas douter, notre pays est désormais fréquentable. Pour preuve, Alger, particulièrement ces dernières années, demeure une destination privilégiée pour nombre de personnalités étrangères de haut rang, avec tout ce que cela suppose en déclarations d’intentions aussi séduisantes les unes que les autres. Dans le sillage de ces hauts responsables canadiens, italiens, français, espagnols, turcs..., de gros contingents d’opérateurs économiques foulent le sol algérien. De quoi faire rêver à des perspectives économiques à tout le moins prometteuses.
Aujourd’hui par exemple, l’Algérie accueillera une délégation de 300 opérateurs français, et pas des moindres puisque l’on compte déjà la présence de grosses cylindrées de l’Hexagone. Comme elle accueillera en cette même journée des hommes d’affaires italiens avec la même ferveur qui a entouré des opérateurs turcs, espagnols... qui ont déjà défilé.
Cela aurait été d’un réel réconfort, sans cette impression du déjà vu et du déjà entendu, qui va peut-être finir par nous faire confondre une mission de prospection et une promenade de santé.
Et ce n’est pas sans raison pour une opinion nationale qui, depuis le début de cette décennie, est sans cesse gavée d’une littérature économique qui meuble l’essentiel du bagage des investisseurs étrangers: une multitude de projets mais....
Peut-être sommes-nous à la limite de la caricature d’une situation qui interpelle la durée dans le temps pour atteindre sa maturité. D’autant mieux que, quelque part, un trait de lucidité nous ramène irrésistiblement, il est vrai, à la dure réalité du système bancaire et fiscal que l’Algérie continue à traîner comme un boulet. Mais alors, qu’est-ce qui fait vraiment courir ces centaines d’hommes d’affaires censés, ès qualités, ne rien ignorer de ce dont l’Algérie du reste ne fait guère mystère ?
En tout cas, on ne voit toujours rien venir de concret. Et les chiffres traduisant les investissements directs étrangers sont là pour nous prouver que cette curiosité occidentale pour connaître nos potentialités reste pour le moins singulière, étant «sans cesse renouvelée». Et on peut dire autant de cette intention frénétique de saisir la moindre opportunité d’investissement jamais inassouvie.
Enfin, consolons-nous en disant que ce n’est sûrement pas faute d’opérations de charme des autorités algériennes, loin aujourd’hui d’être avares de facilitations et d’avantages jamais accordés par le passé.
Par Mohamed Salah Boureni - Quotidien Oran, le 3 décembre 2006.
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