Israël bloque la mission d’enquête du Conseil des droits de l’Homme
Israël - Fidèle à son mépris des organisations internationales, l’Etat hébreu se distingue encore par un comportement d’Etat voyou, ne se contentant pas uniquement d’agresser un pays voisin comme le Liban ou d’exacerber la répression sur les Palestiniens toujours sous le joug de l’occupation.
La mission d’enquête du Conseil des droits de l’Homme, dirigée par l’archevêque sud-africain, Desmond Tutu, sur le bombardement par l’armée israélienne du quartier de Beit Hanoun, dans la bande de Ghaza, a été tout bonnement bloquée par le gouvernement israélien. L’archevêque et prix Nobel de la paix 1984, Desmond Tutu, a affirmé que la mission avait été bloquée à cause d’un très navrant «manque de coopération» de la part du gouvernement israélien, précise le porte-parole onusien, Stéphane Dujarric. L’archevêque a ajouté que, si les principaux faits étaient admis, le contexte plus large était complexe.
L’attaque israélienne sur le quartier résidentiel de Beit Hanoun, le 8 novembre dernier, dans le nord de la bande de Ghaza, avait entraîné la mort de 19 Palestiniens et fait une soixantaine de blessés, en majorité des femmes et des enfants. Les images de la tragédie avaient fait le tour du monde, suscitant la consternation internationale.
Dans une résolution adoptée le 15 novembre, le Conseil des droits de l’Homme avait condamné l’attaque israélienne et décidé d’envoyer une mission d’enquête sur le terrain pour évaluer la situation et faire des recommandations sur les moyens de protéger les civils palestiniens contre de nouvelles attaques israéliennes et poursuivre en justice les responsables des attaques.
Le Conseil des droits de l’Homme a adopté cette résolution, intitulée «violation des droits de l’Homme résultant des incursions militaires israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, notamment l’attaque récente dans le nord de Ghaza et l’attaque contre Beit Hanoun», dans le cadre d’une session extraordinaire convoquée à la demande du groupe des Etats arabes à l’ONU et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Il s’agissait de la troisième session extraordinaire consacrée à la situation dans les territoires palestiniens occupés depuis la création du Conseil, en mars 2006.
Et comme il fallait s’y attendre, le Conseil de sécurité des Nations unies avait rejeté, le 12 novembre, un projet de résolution condamnant l’attaque de Beit Hanoun, en raison du veto opposé par les Etats-Unis, l’éternel protecteur d’Israël même quand il foule aux pieds les règles convenues. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui devrait quitter son poste sous peu, s’était déclaré consterné d’apprendre les pertes en vies humaines causées par l’attaque militaire israélienne. Mais l’Etat hébreu, au-dessus du droit international et ayant un statut spécial parmi les nations, semble n’en avoir cure dans un monde où la loi du plus fort est le droit.
Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 13 décembre 2006.
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