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Palestine : Les Palestiniens confrontés à la violence partisane

Crise à GhazaPalestine - Alors que le président Mahmoud Abbas est attendu samedi prochain dans un discours où il devrait annoncer des décisions importantes, la violence inter-partisane semble s’exacerber.

Les assassinats et les représailles ciblés s’installent dans le quotidien des Palestiniens. Un juge membre de la branche armée du Hamas a été tué hier dans la bande de Ghaza. Les brigades Azzedine Al Qassam, l’aile militaire du mouvement Hamas, ont directement accusé des membres de la Sécurité préventive, le service du Fatah. Il faut dire que les heurts entre les deux entités paramilitaires palestiniennes n’ont pas cessé depuis l’avènement du Hamas au pouvoir. Le juge a été tué à Khan Younès par des hommes armés alors qu’il se rendait à son travail en voiture. Officiant au tribunal de Beni Souheila, à Khan Younès, c’était un membre influent du Hamas.

Ce dernier accuse «l’escadron de la mort composé d’éléments suspects de la Sécurité préventive et du Fatah» de commanditer et d’exécuter les assassinats touchant les éléments du Hamas. Le juge a été menacé à plusieurs reprises. Le ton monte. Le Hamas promet «de traquer les assassins et ceux qui sont derrière eux et de les poursuivre en justice». Il fustige durement ceux qu’il appelle désormais les «putschistes du Fatah», les accusant d’être responsables «de l’anarchie sécuritaire et du chaos des armes» dans la bande de Ghaza. Une situation périlleuse dans un champ politique des plus fragiles. Ce nouveau meurtre survient deux jours après le crapuleux assassinat, lundi, des trois enfants d’un colonel du service des renseignements, affilié au Fatah.

L’officier, ancien enquêteur en chef aux services des renseignements, était considéré comme un adversaire déclaré du Hamas et avait échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat il y a quelques mois. Les trois enfants ont été tués par des hommes armés à Ghaza, avec leur chauffeur qui les conduisait à l’école. L’attaque a suscité une vive émotion dans la rue palestinienne où les manifestations contre le «chaos sécuritaire» se sont multipliées depuis. Hier, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Ghaza à l’appel du Fatah pour dénoncer l’insécurité qui s’est amplifiée ces derniers mois sur fond de querelles politiques internes risquant de dégénérer.

Le discours de Abbas, tant attendu, sera certainement axé sur les mesures qu’il envisage après l’échec du dialogue avec le Hamas sur la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. «Le président Abbas prononcera samedi un discours très important dans lequel il exposera les différentes options en ce qui concerne la prochaine étape», a déclaré le négociateur palestinien en chef Saïb Erakat. Les discussions sur un éventuel gouvernement d’union comme solution de sortie de crise ont achoppé sur des divergences persistantes sur «le programme politique et l’attribution des portefeuilles clés».

Le gouvernement démocratiquement élu est boycotté par l’Occident depuis l’arrivée du Hamas à sa tête en mars. Une situation qui a plongé les territoires palestiniens dans une crise politico-financière aiguë. Les institutions palestiniennes sont fortement dépendantes de l’aide extérieure pour leur survie. Le comité exécutif de l’OLP a recommandé samedi à Abbas d’organiser des élections présidentielles et législatives anticipées pour mettre fin à la crise. Une position qui a scandalisé le Hamas, lequel la considère comme un signal pour l’entame d’un véritable «coup d’Etat».

Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 14 décembre 2006.

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