France : «Tous les visas seront traités en Algérie d’ici à mai 2007»
Algérie - Tous les dossiers de visas seront traités en Algérie d’ici le mois de mai 2007. C’est ce qu’a annoncé hier M. Bernard Bajolet, nouvel ambassadeur de France à Alger, lors de sa première rencontre avec les éditeurs algériens. Installé en Algérie depuis le 21 novembre 2006, le nouveau représentant de la France a affirmé que les dispositions annoncées en novembre dernier par le ministre de l’Intérieur français, M. Nicolas Sarkozy, concernant le traitement des dossiers de visas sont déjà en vigueur.
Ainsi, l’ambassade de France ne recourt plus aux consultations simultanées avec ses partenaires de l’Union européenne pour délivrer des visas schengen. Les délais d’étude des dossiers sont ainsi réduits, notamment pour les Algériens auxquels les services consulaires ont déjà octroyé ces documents. On apprendra que les professionnels, notamment les hommes d’affaires, bénéficient déjà de visas de longue durée, plus de deux années dans la majorité des cas. L’ambassadeur affirmera par ailleurs que 60% des dossiers sont d’ores et déjà traités à Alger, alors que les 40% restants le sont à Nantes en France.
Toutefois, il reconnaîtra que 49% des demandes de visa sont rejetées. Un taux appelé, selon le diplomate, à une baisse sensible lorsque tous les dossiers seront étudiés en Algérie. Pour une meilleure prise en charge de ce traitement, le consulat de France à Oran rouvrira ses portes d’ici septembre 2007. Ce qui permettra de désengorger les services consulaires d’Alger et de Annaba. Quant au coût élevé de l’étude des dossiers de visa, qui doublera à partir du 1er janvier 2007 pour atteindre 6 000 dinars, le diplomate le justifiera par le financement des technologies biométriques récemment introduites dans le traitement des dossiers.
M. Bajolet ne manquera cependant pas de montrer sa satisfaction quant aux facilitations et à la meilleure prise en charge par la partie algérienne des demandes de visa des ressortissants français souhaitant se rendre en Algérie. Dans le cadre de la coopération économique, le diplomate français n’hésitera pas à qualifier les relations algéro-françaises d’«excellentes». Il dira dans ce contexte qu’un grand nombre d’entreprises françaises se sont déjà installées en Algérie, notamment dans le domaine des transports et celui des banques.
La privatisation du Crédit Populaire d’Algérie (CPA) intéresse, selon la même source, un grand nombre d’établissements financiers français. Quant à la coopération militaire entre les deux pays, elle s’inscrit notamment dans le cadre de la coopération avec l’OTAN à travers les différentes manœuvres et exercices conjoints. Le domaine sécuritaire, lui, se distingue, selon le diplomate, par une coopération discrète de haut niveau et de qualité entre professionnels des deux pays. Fraîchement accrédité par Alger, le diplomate affirmera que sa mission s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre les deux pays.
Un renforcement caractérisé par l’intensification des visites de responsables de haut rang en Algérie motivée par la nécessité de préserver l’important niveau d’échange entre les deux pays. Aborder les relations entre les deux pays passe nécessairement par l’évocation du traité d’amitié. Ce dernier demeure, selon le diplomate, une finalité en soi. Cela étant précisé, il dira que sa signature n’interviendra pas dans de brefs délais et ce, malgré le caractère «excellent» des rapports entre les deux Présidents.
Les résistances se situent indéniablement au niveau des mentalités. «L’incident de la loi du 23 février», comme l’appelle M Bajolet, a clairement démontré que, côté français surtout, on n’était pas particulièrement prêt à franchir ce pas. D’où la nécessité d’accélérer le travail de mémoire, l’écriture de l’Histoire et l’acceptation de tous ces aspects. Quant à la repentance de l’Etat français par rapport à ses crimes coloniaux en Algérie, condition sine qua non des Algériens pour la signature d’un tel traité scellant définitivement l’amitié entre les deux peuples, elle semble très peu probable. Du moins pas avant les présidentielles françaises d’avril 2007.
Par Ghada Hamrouche - La Tribune, le 17 décembre 2006.
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