Algérie : L’Union des hommes d’affaires maghrébins face à la réalité
Algérie - En visite hier à Alger, le secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), Lahbib Benyahia, a annoncé la création d’une Union maghrébine des hommes d’affaires. «J’ai informé le Président Abdelaziz Bouteflika de la création d’une nouvelle institution regroupant des hommes d’affaires maghrébins», a déclaré M. Benyahia à la presse, à l’issue de l’audience que lui a accordée le chef de l’Etat. «J’ai trouvé le Président Bouteflika très enthousiaste», à l’égard de cette nouvelle institution, qu’il a qualifiée d’«initiative de bon augure», a-t-il ajouté.
Cela «nous aidera à construire le Maghreb arabe», a-t-il souligné, indiquant que la réalisation de cette union demandera du temps mais, a-t-il dit, «la volonté politique existe».
Toutefois, la future Union des hommes d’affaires maghrébins a toutes les chances de rester une coquille vide, à l’image de l’UMA, victime des problèmes politiques entre l’Algérie et le Maroc. Depuis plusieurs années, le dossier du Sahara Occidental empêche la construction d’un marché maghrébin commun. En plus, la création d’une telle organisation devrait plutôt venir de la base, mais les hommes d’affaires algériens ne semblent pas très optimistes.
«Les pays du Maghreb sont condamnés à améliorer leurs relations économiques. C’est une nécessité de travailler ensemble pour, par exemple, mieux négocier avec l’Europe», explique Omar Ramdane, président du Forum des chefs d’entreprises (FCE). L’Algérie a proposé de séparer l’économie du politique, de développer les relations économiques inter-maghrébines, mais nos voisins marocains veulent d’abord régler les questions politiques. «On n’a pas de données exactes sur ce que va rapporter à notre économie un marché maghrébin uni, mais les possibilités de partenariat existent. Par exemple, au lieu d’importer la main-d’oeuvre chinoise, on peut ramener les travailleurs marocains», ajoute M. Ramdane.
En fait, les relations économiques maghrébines sont bloquées à cause des tensions politiques entre l’Algérie et le Maroc. Avec la Tunisie, en apparence et si l’on se réfère au discours officiel, nos relations politiques et économiques sont bonnes. En réalité, les relations économiques sont mauvaises. Comme avec le Maroc, les échanges économiques entre l’Algérie et la Tunisie sont faibles. «Avec le Maroc, c’est clair. Les frontières terrestres sont fermées, les relations politiques tendues. Avec la Tunisie, officiellement, les produits algériens peuvent y entrer sans aucun problème, mais sur le terrain, c’est extrêmement compliqué d’exporter vers ce pays.
Les Tunisiens ont mis en place des lois non écrites pour protéger leur production nationale et empêcher les produits algériens de pénétrer sur leur territoire. Il y a des cas dans la céramique, le mobilier de jardin», confie un chef d’entreprise. Malgré les remarques du FMI, de la Banque mondiale, de l’Union européenne et des Etats-Unis, les pays maghrébins peinent à s’entendre pour créer un marché commun. Conséquence, le Maroc et la Tunisie ne tirent pas profit de la manne pétrolière algérienne.
Par Hamid Guemache - Quotidien d'Oran, le 18 décembre 2006.
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