Algérie-France : le difficile business
Algérie - Après les visas, le business. Depuis quelques mois, les relations franco-algériennes semblent s’inscrire dans une optique positive.
Deux hommes sont à l’origine de cette embellie inattendue: le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et son homologue de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Les deux hommes travaillent en étroite collaboration sur tous les grands dossiers liés à l’Algérie.
Dernière initiative en date de Philippe Douste-Blazy: un déjeuner qui aura lieu aujourd’hui au Quai d’Orsay. Autour de la table pour ce repas inédit, le ministre des Participations et de la Promotion des investissements en Algérie Hamid Temmar, la ministre déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde, l’ambassadeur d’Algérie en France Missoum Sbih qui entretient une relation de proximité avec M. Douste-Blazy, et une trentaine de grands patrons français.
Les secteurs de l’agroalimentaire, la pharmacie, l’automobile et la banque sont fortement représentés. Le but ? «Inciter et encourager les groupes français à investir massivement en Algérie. Certes, nous assistons à un retour progressif de nos entreprises dans ce pays mais nous pensons qu’il est de notre devoir de les aider pour aller encore plus loin et accroître leurs parts de marché sur place», explique un conseiller du ministère français de l’Economie et des Finances qui a participé à la préparation de cette rencontre inédite. Durant le déjeuner, les patrons français tenteront d’obtenir des garanties de la part de M. Temmar.
Il sera question du code des investissements, de l’amélioration du système bancaire mais aussi d’un calendrier précis en matière de privatisation des entreprises publiques algériennes ou encore des précisions concernant plusieurs projets d’envergure notamment dans les domaines des travaux publics.
En effet, les reports à répétition de plusieurs opérations de privatisations ont fini par refroidir de nombreux acquéreurs potentiels. «Suivre un dossier coûte beaucoup d’argent et nécessite du temps et une grande mobilisation de ressources au sein de l’entreprise.
Nous ne pouvons pas nous permettre de faire de la veille sur un dossier qui n’évolue pas et sur lequel nous n’avons aucune visibilité même quand il s’agit d’un marché aussi important que l’Algérie», se plaint le directeur Afrique - Moyen-Orient d’un grand groupe français. Pour sa part, Hamid Temmar devrait déplorer ce que les Algériens qualifient de «frilosité excessive» des groupes français.
En effet, malgré une volonté affichée de s’implanter sur un marché fort de 33 millions de consommateurs qui possèdent le pouvoir d’achat le plus important de la région du Maghreb, les entreprises françaises ne veulent toujours pas investir en Algérie.
En 2005, selon la Banque d’Algérie, le montant des investissements français en Algérie a été de 109 millions d’euros. Un chiffre quasi humiliant pour la partie algérienne. Et quand ils existent, les investissements se limitent au strict minimum. Les groupes français présents en Algérie ne proposent ni des transferts de savoir-faire et de technologies ni des programmes de montée en compétence des salariés algériens qu’ils emploient. Une situation souvent déplorée par la partie algérienne.
Par Rabah Yanis - Quotidien d'Oran, le 19 décembre 2006.
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