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Algérie : Des accidents, des morts et des routes bloquées

Accidents de la route en AlgérieAlgérie - Les hivers se suivent et se ressemblent. Au moindre caprice météorologique, bon nombre de nos routes sont inondées par les eaux, obligeant souvent à les fermer temporairement à la circulation automobile. Un constat amer qui, à la longue, ne manque d’exaspérer le plus patient des usagers, non seulement par les multiples désagréments qu’il traduit, mais aussi et surtout par les multiples dangers qu’il représente sur la vie des personnes et leur biens.

En fait, l’hiver, avec ses pluies, dévoile à chaque fois les nombreuses insuffisances et les tares. Le nombre d’accidents enregistré ce week-end à Oran confirme cet état de fait. Selon des sources concordantes, pas moins d’une dizaine d’accidents se sont produits au niveau de la capitale de l’Ouest durant les dernières 48 heures. Hier, une personne est morte et deux autres ont été blessées dans un accident de la circulation survenu sur la route reliant Oran à Oued-Tlélat. L’accident s’est produit vers 4 heures du matin, lorsqu’une voiture de marque Renault 5 a dérapé en raison de la chaussée rendue glissante par la pluie et a heurté par l’arrière une autre voiture de marque Daewoo, avant de se renverser.

En outre, sur la route de Hassi-Bounif, un autre accident a eu lieu jeudi vers 17 heures: un minibus a heurté un véhicule léger faisant un mort et 2 blessés. Dans cette même localité, un jeune homme âgé de 31 ans, B.S., a par ailleurs trouvé la mort après avoir été percuté par un véhicule léger. A noter que durant ce week-end, les routes ont fait une dizaine d’autres blessés dans plusieurs accidents de la route, notamment aux Castors, l’USTO, Arzew et Béthioua, entre autres. A Relizane, la situation est similaire. Le tronçon routier longeant Douar Braïjia, à l’entrée est de H’madna, sur la RN 4, partiellement inondé, a été le théâtre d’un accident qui a causé la mort du passager d’une Renault 18, entrée en collision avec un autocar de transport public de marque Sonacome.

Une autre personne, grièvement blessée, a été évacuée de toute urgence vers le CHU d’Oran. A Mostaganem, deux personnes ont été tuées, jeudi aux environs de 19 heures, dans un accident survenu dans la commune de Aïn Sidi Chérif. Les victimes se trouvaient à bord d’un véhicule « Partner » qui a dérapé et percuté un arbre. A Tiaret, les premières chutes de neige survenues dans la nuit de mercredi à jeudi ont provoqué leur premier lot de victimes, puisqu’un jeune couple a été retrouvé jeudi vers 17 heures mort asphyxié par des émanations de monoxyde de carbone dans un quartier du centre de la ville.

Le drame s’est produit au quartier des 40 logements, en plein coeur de la ville de Tiaret, au deuxième étage d’un immeuble situé sur la place Mohamed Boudiaf. Selon le rapport du médecin légiste qui s’est déplacé sur les lieux du drame, le couple, un homme de 59 ans, B. Aek, et son épouse de 48 ans, H. Zohra, sont morts asphyxiés par des émanations de monoxyde provenant d’un butane défectueux. Sur un autre plan, il faut dire que les dernières précipitations ont inondé la majorité des carrefours giratoires, provoquant d’importants bouchons et désagréments aux automobilistes. Comme beaucoup de wilayas du pays, Oran n’échappe à cette triste réalité.

Les ronds-points de Haï Sabah, El-Bahia, Açyl à Haï Khemisti sont devenus impraticables. Durant trois jours, les automobilistes ont vécu le calvaire. La stagnation des eaux de pluie sur plusieurs axes en raison d’égouts bouchés rendait la circulation difficile. La nouvelle route reliant le pont d’El-Bahia au rond-point de la cité Djamel a carrément été fermée à la circulation. Une douzaine de camions vidangeurs de la wilaya et de l’APC ont été appelés à la rescousse, hier, pour pomper des quantités impressionnantes d’eau stagnante. Près de l’hôpital militaire, un véritable barrage s’est formé. A Akid Lotfi, les boulevards réalisés il y a seulement une année sont devenus de véritables piscines ! Les automobilistes sont obligés de faire des slaloms pour passer.

Le rond-point Açyl est tout simplement impraticable depuis plusieurs jours. Aux inondations s’ajoutent les dégâts occasionnés à la voirie par la pluie. Même les routes nouvellement réfectionnées à coups de milliards n’ont pas échappé au rouleau compresseur des eaux pluviales. Sur la rocade sud (CW 75), plus précisément sur l’axe reliant l’échangeur d’Es-Sénia, en cours de réalisation, au croisement Aïn El-Beida-Misserghine, un important affaissement est survenu. Le tronçon, dont les travaux ont été achevés il y a à peine quelques semaines, s’est affaissé sur une dizaine de mètres, provoquant un trou béant de quelque 10 mètres et d’une profondeur de presque deux mètres. La route a été fermée à la circulation, en attendant de procéder aux travaux.

Pourtant, à Oran, une cellule de suivi et de veille sur l’état des routes a été installée la semaine dernière, suite aux instructions du wali d’Oran, après les prévisions météo. La mission de la cellule, composée des services techniques de l’APC, est de parer à toute éventualité et faire face aux désagréments que peuvent causer les pluies. Le constat est amer: les routes d’Oran sont vulnérables face à la pluie. Pourtant, on est loin des fortes précipitations de 2001 ! Ces dernières précipitations ont prouvé que la réalisation et la réfection de la voirie à Oran ne se font pas selon les règles de l’art. Les spécialistes des infrastructures routières le savent très bien: sans un bon réseau d’assainissement, la route ne tient pas un hiver moyen. Mais chaque année, la pluie provoque les mêmes dégâts, sur les mêmes tronçons.

Avec le retour du beau temps, des engins vont passer pour réparer, en attendant la prochaine saison. Une routine. Le manque de savoir-faire, l’absence de contrôle sur la qualité des matériaux et la réalisation sont les principaux facteurs à l’origine de cette situation fortement coûteuse pour l’Etat et les citoyens. Le ministre des Travaux publics a révélé, il y a quelques jours, que l’Etat consacrera plus de 200 millions d’euros chaque année pour l’entretien des routes. En plus des coûts directs, la dégradation de l’état des routes par la pluie induit des coûts indirects à travers l’amortissement des voitures et les retards causés au développement local. L’argent de la relance économique se déverse ainsi dans la mer, au grand bonheur des entrepreneurs de travaux publics.

La vigilance restera de mise eu égard aux conditions météo attendues dans les prochains jours. En effet, un bulletin spécial des services de la météorologie, rendu public hier, a annoncé la poursuite des averses sur les régions côtières et proches côtières jusqu’à samedi. Les prévisions concernant les wilayas de Bouira, Tizi-Ouzou, Alger, Tipaza, Médéa, Blida, Aïn-Defla, Tissemsilt, Chlef et Tiaret restent valides jusqu’à samedi à 12 h, précise cette source, ajoutant que «les cumuls de pluie estimés atteindront ou dépasseront localement les 40 mm». Ces prévisions concernent également, les wilayas de Mostaganem, Oran, Aïn-Témouchent, Tlemcen, Sidi-Bel-Abbès et Mascara et sont valables jusqu’à samedi à 18 h, indiquent les services de la météo, estimant à 50 mm le cumul local de pluies. En outre, les cumuls de pluie atteindront ou dépasseront les 40 mm dans les wilayas de Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba, El-Tarf, Souk-Ahras, Guelma, Mila (nord) et Constantine, où les averses se poursuivront jusqu’à samedi à 18 h, précise-t-on.

Synthèse de l'article - Equipe Algerie-Monde.com
D'après le Quotidien d'Oran, le 23 décembre 2006.

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