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Algérie : Participation des cadres de l'ex-FIS aux législatives

Abdelaziz BelkhademLes élections législatives du 17 mai sont attendues par la classe politique pour trancher une question cruciale pour l’avenir de l’exercice démocratique en Algérie.

Il s’agit de la question relative à la participation ou non des politiques ayant activé sous la bannière de l’ex-FIS durant le début des années quatre-vingt-dix et qui ont été derrière la crise politique majeure vécue par le pays. La détermination des Algériens à retrouver la paix et la stabilité, indispensables à toute vie normale, s’est manifestée par une adhésion totale au projet présidentiel qui n’a jamais signifié l’oubli de la tragédie nationale et ses conséquences sur la société entière.

Cette question s’impose du fait que les textes de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale laissent toute latitude au chef de l’Etat «en vertu du mandat qui lui est conféré par le référendum du 29 septembre 2005 et conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution» de prendre, à tout moment, «toute autre mesure requise pour la mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale». (art. 47.) Ce qui laisse tout de même une lueur d’espoir aux militants dits modérés de la mouvance du parti dissous de se présenter aux échéances électorales.

Ces derniers n’ont jamais accepté le sort qui leur est réservé par les textes de la Charte de la réconciliation nationale. La polémique suscitée autour de la création d’un parti politique islamiste «soft» avait fait du chemin avant de voir le ministre de l’Intérieur intervenir pour rappeler à tout le monde les limites à ne pas franchir. Même le MSP, parti de la coalition présidentielle, n’avait pas évacué l’idée d’un enrôlement de cadres de l’ex-FIS au sein de ses rangs pour les porter candidats aux élections.

Mais à chaque fois, le gouvernement se voyait obligé de se référer à l’article 26 de l’ordonnance n°06-01 du 28 moharram 1427 correspondant au 27 février 2006, portant mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui stipule clairement que «l’exercice de l’activité politique est interdit, sous quelque forme que ce soit, pour toute personne responsable de l’instrumentalisation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale. L’exercice de l’activité politique est interdit également à quiconque, ayant participé à des actions terroristes refuse, malgré les dégâts commis par le terrorisme et l’instrumentalisation de la religion à des fins criminelles, de reconnaître sa responsabilité dans la conception et la mise en oeuvre d’une politique prônant la violence contre la nation et les institutions de l’Etat.» Le dernier mot revient au président de la République pour trancher la question, d’autant plus que la classe politique craint une abstention massive des Algériens lors du prochain scrutin. Le 17 mai sera l’occasion de mettre fin à la polémique et lancer le débat politique sur de nouvelles bases.

Synthèse de l'article - Equipe Algerie-Monde.com
D'après l'Expression, le 20 février 2007.

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