Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au second tour
Le taux de participation est estimé à plus de 85%. Un chiffre jamais réalisé depuis 1965. Les français ont choisi leur ticket. Sans trop de surprise, Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) seront au second tour le 6 mai.
Le verdict est tombé à 20 heures : Nicolas Sarkozy obtient 30%, Ségolène Royale le talonne avec 25,2%. François Bayrou est décroché (18,3%), Jean-Marie Le Pen fait naufrage (11,5%). La bande des quatre est désormais réduite à deux. Et le duel s’annonce au couteau, car aucun des deux protagonistes, à l’éclairage de ces résultats, n’a la victoire assurée. Mais les voix de M.Bayrou vont peser très lourd. Le candidat centriste sera peut-être l’arbitre du prochain tour.
M.Sarkozy peut, a priori, compter sur les voix de l’extrême droite (14%). Mme.Royal, avec les lambeaux de la gauche plurielle, totalise 29.3%, et l’extrême gauche, toutes chapelles confondues, 7.5%. Restent les inclassables, les 18% environ de François Bayrou et les miettes des Chasseurs/Pêcheurs (1,5%). A noter que la première manche a enregistré le taux le plus élevé de participation de la Ve République et l’élection du président français au suffrage universel. Le taux de participation a dépassé les 86%, soit 28% point de plus qu’en 2002. Plusieurs facteurs l’expliquent.
C’est la confirmation de l’engouement et de la mobilisation qui ont caractérisé la campagne électorale. Jamais les Français n’ont autant regardé la télévision, acheté de journaux et de livres politiques, zappé sur l’Internet, jamais ils ne se sont autant déplacés pour participer à des meetings.
Rappelons qu’en 2002, Jacques Chirac, le futur président, n’avait obtenu que 19% des suffrages au premier tour, avec une forte abstention. A peine un Français sur sept s’était prononcé en sa faveur. Il y a lieu d’ajouter le slogan adopté pour cette campagne: «Le vote utile». Encore une fois, le poids de l’électorat des banlieues aura donc fait la différence. Désormais, en France, les banlieues doivent être considérées comme un acteur incontournable de la vie politique française. Elles veulent avoir leur mot à dire et peser sur l’issue des scrutins, et cela est une nouvelle donne. Jusqu’ici, elles étaient montrées du doigt et on leur faisait porter tous les maux de la société française: chômage, insécurité, dégradation des biens publics, banditisme, toxicomanie et autres fléaux. Elles subissaient la politique plus qu’elles ne la faisaient: il faut dire que si leurs parents, émigrés de la première génération qui n’avaient pas la nationalité française et donc n’avaient pas le droit de voter, jouaient un rôle passif dans les votes, on constate une rupture radicale en 2007.
De nombreux jeunes issus de la deuxième et troisième générations de l’émigration, qui possèdent la nationalité française, n’ont pas opté pour le boycott, comme cela a été le cas jusqu’ici, mais se sont massivement inscrits pour ne plus être désignés du doigt à l’avenir.
Deux explications à cela: d’abord la leçon du 21 avril 2002 qui avait vu la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour, en lieu et place de Lionel Jospin. Et ensuite, les expressions très dures utilisées par Nicolas Sarkozy lors de la crise des banlieues.
«On nettoie la racaille au Karcher», lançait-il. Ce qui avait mis le feu aux poudres et avait failli plonger l’Hexagone dans une crise insurmontable.
Synthèse de l'article - Equipe Algerie-Monde.com
D'après l'Expression, Tahar Fattani, le 24 avril 2007.
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