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Algérie : La difficile lutte contre le blanchiment d'argent

Blanchiment argent en AlgérieLa masse monétaire qui circule hors du circuit bancaire et financier constitue en Algérie un véritable écueil devant l'application des textes de la loi. Le blanchiment d'argent étant une infraction continue (il n'y a pas la présomption des faits), « si des preuves surviennent sur l'implication des responsables de Khalifa Bank dans des activités illicites, ils seront jugés pour blanchiment d'argent ».

Il existe une coopération entre l'Algérie et plusieurs pays européens notamment la France, l'Espagne et l'Italie dans la lutte contre les crimes économiques ainsi qu'une entre-aide judiciaire (demandes de coopération pour localiser les biens d'origines illicites). C'est ce qu'a déclaré en substance, hier à Alger, le directeur des affaires pénales du ministère de la Justice, Mokhtar Lakhdari, cité par l'APS, en marge du colloque régional de trois jours sur « les crimes économiques et financiers : lutte contre le blanchiment d'argent », organisé conjointement avec les ministères français de la Justice et des Affaires étrangères.

Rencontre à laquelle participent des experts algériens et français ainsi que de 13 pays arabes représentés par des magistrats et des fonctionnaires de police spécialisés dans la lutte contre ce type de crimes. L'application des textes de loi relatifs à la lutte contre le blanchiment d'argent est rendue « difficile » en raison de la masse monétaire non comptabilisée dans les institutions bancaires et financières, a indiqué Mokhtar Lakhdari. Il a insisté sur la nécessité de combattre les mentalités archaïques qui empêchent le contrôle de la circulation de l'argent et rendent difficile l'application de la loi, expliquant qu'« en raison d'appréhension, et souvent à cause de l'esprit de thésaurisation, une masse importante d'argent échappe à la comptabilité et au contrôle».

« L'exemple de la banque El-Khalifa qui a escroqué les déposants, et d'autres banques qui se sont vues fermées et estées en justice n'a pas été pour encourager l'épargne et les dépôts », a-t-il ajouté. Lakhdari a aussi qualifié le blanchiment d'argent de « très grave et dangereux », du fait qu'« il a été prouvé qu'il finance des activités criminelles, et en premier lieu, le terrorisme ». Interrogé sur les activités d'El-Khalifa Bank, M. Lakhdari a affirmé que le blanchiment d'argent est une « infraction continue » et que si des preuves «surviennent sur l'implication des responsables de cette banque dans des activités illicites ils seront jugés pour blanchiment d'argent ».

La loi relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme adoptée en février 2005, stipule que « tout paiement d'un montant supérieur à un seuil fixé par voie réglementaire doit être effectué par les moyens de paiement à travers les circuits bancaires et financiers ». Selon cette même loi, les banques, les institutions et les établissements financiers « doivent s'assurer de l'identité et de l'adresse de leurs clients avant d'ouvrir un compte ou livret, de prendre en garde les titres, valeurs ou bons, d'attribuer un coffre ou d'établir toute autre relation d'affaires ».

Les inspecteurs de la banque mandatés par la commission bancaire et agissant dans le cadre du contrôle des documents, sont appelés, conformément à la loi, à transmettre un « rapport confidentiel » à l'organe spécialisé dès qu'ils décèlent une opération qu'ils soupçonnent d'illicite. Les services des impôts et des douanes doivent de leur côté adresser un rapport confidentiel à la même instance dès qu'ils découvrent l'existence de fonds douteux. Pour sa part, le SG du ministère de la Justice, Messaoud Boufercha estime que le « l'utilisation des moyens modernes par des groupes criminels bien organisés rend difficile, voire presque impossible parfois, la distinction entre les revenus légaux et l'argent sale ».

Il a souligné par ailleurs que la rencontre « constituera un espace de concertation pour l'élaboration d'une plate-forme de coopération entre les institutions internationales ». Selon le procureur de Paris, S. Hardouin, ce genre de rencontre permet de « développer des relations personnalisées avec les pays arabes afin de lutter efficacement contre ces fléaux internationaux ».

Synthèse de l'article - Equipe Algerie-Monde.com
D'après le Quotidien Oran, H. Saaïdia Et S. E. K.. Le 5 juin 2007.

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