Accueil
Actualité
Forum
Petites Annonces
Annuaire
Trouver un Vol
Musique

Algerie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Culture Algérienne
 
 
 
 
Tourisme Algérie
  Se Rendre en Algérie
  Villes Algériennes
  Les Plages
  Les Hôtels
  Les Transports
 
Services
 
 
 
 
  Sonneries et Logos
Site Algérie-Monde
 
 
   
 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
     
Actualité

 

Douste-Blazy ironise sur l’hospitalisation du président Bouteflika

Le dérapage de trop

Le chef de la diplomatie française a trahi, hier, tous les usages et le devoir de réserve propre à sa fonction, en se permettant, par des propos à la limite du correct, d’ironiser sur la présence du président Bouteflika à Paris le week-end dernier.

Forum Algérie : Discutez avec la communauté algérienne



La France officielle a réagi, hier, dans une nouvelle surenchère verbale aux propos du président de la République qualifiant le génocide du 8 mai 1945, en particulier, et la colonisation, en général, de “génocide contre l’identité algérienne”.

Philipe Douste-Blazy, le ministre français des Affaires étrangères, dans une intervention à la radio juive Radio J, se lançant dans un quasi-cours de sémantique concernant le terme génocide, a appelé le président Bouteflika à ne pas “galvauder” le terme. “Concernant le génocide, un mot qui a été employé récemment, des philosophes et des intellectuels nous ont appris, en particulier (l'écrivain italien) Primo Levi, qu'il ne faut jamais galvauder ce type de terme parce que derrière le mot génocide, il y a évidemment une envie  systématique”, a commenté M. Douste-Blazy, cité par l’AFP.

Le ministre français a plaidé pour “un travail de mémoire” entre l’Algérie et la France. Un tel travail “n'est pas fait par des hommes politiques, fussent-ils de grands responsables, ni par des députés et des sénateurs”, mais “par des historiens et des chercheurs”, dira-t-il.

Douste-Blazy occulte apparemment le fait qu’il est l’un des initiateurs de la loi très controversée du 23 février et de l’article 4 glorifiant les bienfaits de la colonisation, qui a été abrogé sur intervention de Jacques Chirac après le tollé général qu’il a provoqué.

Loin de s’arrêter là, le patron de la diplomatie française est même revenu sur le déplacement qu’a effectué à Paris, ce week-end, le chef de l’État Abdelaziz Bouteflika pour un contrôle postopératoire de routine. “Je ferai une remarque concernant les propos de M. Bouteflika sur la France : je vois qu'il apprécie les médecins français, je vois qu'il apprécie la médecine française, je vois qu'il apprécie les hôpitaux français”, a ajouté le MAE français, oubliant le caractère privé et médical de la visite présidentielle. Tous deux protégés par le secret diplomatique ou du moins médical.

Le ministre français, qui avait une première fois, après les déclarations de Abdelaziz Bouteflika, défendu une “vision nuancée de la colonisation”, avec de mauvais comme de “bons” aspects, a franchi cette fois-ci les lignes rouges diplomatiques avec des propos qui rejoignent ceux du député et professeur Bernard Debré. Le propos est trop ironique ou sarcastique pour respecter un minimum de règles. Il est presque humiliant venant de la part du patron du Quai d’Orsay. Le ministre français des Affaires étrangères a tenté d’humilier par ses propos un chef d’État étranger.

Il semblerait que la violation du “secret” de la présence de Abdelaziz Bouteflika par Paris a d’ores et déjà entraîné une conséquence. La Cnas aurait annulé, selon nos sources, la convention de prise en charge la liant à l’hôpital Cochin à Paris où officie en tant que chef de service urologie le professeur Bernard Debré, après les propos que ce dernier a tenus non seulement sur le contrôle médical effectué par Bouteflika au Val-de-Grâce, mais également sur la qualité de la médecine algérienne.

La question est de savoir pourquoi Douste-Blazy s’est lancé dans une surenchère pareille. Le procédé est jugé dégradant également pour le Quai d’Orsay, habitué à plus de retenue et à un savoir-faire reconnu dans les arcanes diplomatiques. Il y a lieu de concéder aux différents chefs de file de la diplomatie française qui l’ont précédé de n’être jamais allés aussi loin malgré toutes les tensions qui ont émaillé les relations bilatérales.

Ni Hervé de Charrette, le ministre des Affaires étrangères centriste du gouvernement Juppé, ni Hubert Védrine, le MAE socialiste et mitterrandiste du gouvernement Jospin, pour ne citer que ces deux ministres, n’ont oublié les us diplomatiques malgré les frictions qui ont émaillé les relations entre Alger et Paris. Ils avaient eu à gérer les conflits générés par deux dossiers sensibles, le détournement de l’Airbus d’Air France en décembre 1994 et l’enlèvement, puis l’assassinat des sept moines trappistes en 1996.

Toutefois, la diplomatie étant l’une des prérogatives régaliennes du Président, cette lecture des faits pourrait paraître trop simple. Cette surenchère est soit une réponse concertée avec l’Elysée, et cela voudrait dire que Jacques Chirac a donné son feu vert pour une telle déclaration.

D’autant qu’il semblerait que le président français ait enfin compris que Abdelaziz Bouteflika ne signera pas le traité d’amitié avec lui sans contrepartie majeure. Soit Philipe Douste-Blazy a agi en solitaire, et pour des considérations personnelles, en impliquant néanmoins toute la diplomatie française.

Le contexte interne en France, marqué par des considérations électoralistes, ne serait pas éloigné de cette sortie du MAE français. Philipe Douste-Blazy en cherchant à se positionner pour la présidentielle de 2007 attise les velléités d’une frange importante de la droite et de l’extrême droite française. Il gagne également ce qui lui manquait en épaisseur auprès des pieds-noirs et du lobby colonialiste de l’UMP.

Dans les deux cas, il s’agit là d’un précédent grave et qui augure d’un climat orageux. Philippe Douste-Blazy a affirmé qu'il “est temps d'ouvrir une page nouvelle sur l'avenir commun de nos deux pays”. Il est clair aujourd’hui qu’une nouvelle page a été ouverte. Pas forcément des plus glorieuses.

Source Par Samar Smati 24 avril 2006

   
Algerie-Monde.com © 2005 - 2006 Tous Droits Réservés