«Le coup politique est parti», nous dit le responsable du service presse de l’Ambassade de France à Alger présent au déjeuner qui a regroupé hier le Consul général de France et des journalistes de la presse nationale.
Pour rappel, en raison de la détérioration de sa situation sécuritaire durant les années 90, l’Algérie a figuré sur une liste d’une trentaine de pays dont les ressortissants ne peuvent obtenir leur visa qu’après que leur demande est soumise à consultation par tous les pays membres de l’espace Schengen.
Ce qui n’a jamais aidé à raccourcir les délais de l’obtention de ce fameux ticket d’entrée en Europe. Encore moins à améliorer les conditions de son obtention qui sont à la limite de l’humiliation. Bien que le gouvernement français ait pensé à faire examiner par ses partenaires la question de la levée de cette mesure de «consultation» sur l’Algérie, il n’est dit qu’elle le sera inévitablement, en tout cas pas dans un proche avenir.
«Ce n’est pas gagné d’avance mais M. Douste-Blazy a pris l’engagement auprès de M. Bedjaoui pour défendre ce dossier auprès des partenaires de l’espace Schengen», a affirmé le Consul général de France à Alger.
Il ne serait pas de trop de souligner que seule l’Algérie des pays du Maghreb est soumise à une telle mesure restrictive. Francis Heude précise que jusque-là les rejets des dossiers de ressortissants algériens ont été faits «quand un élément substantiel manque à leur dossier».
«Sauf à mettre les visas sous quota et ce n’est pas le cas !», tient-il à ajouter. Les conditions requises pour la délivrance de visa ? «Il n’y a pas de formule magique», répond Heude. Sur 250.000 demandes traitées, il avance le chiffre de 150.000 visas délivrés. Il fait part d’une tendance au «frémissement» que ses services ont enregistré au cours du mois de mars. Pour l’instant, il ne peut en donner les raisons.
Gardant un optimisme mesuré, Francis Heude estime que la France ne court pas de risque migratoire avec l’Algérie. Ce qui lui fait dire que le débat au parlement français sur l’émigration ne concerne pas l’Algérie. Il explique: «Les jeunes Algériens ne vont pas s’aventurer à tenter leur chance et se mettre devant le consulat pour avoir un visa, ils doivent avoir un dossier conforme aux exigences de son octroi».
En cas de fraude, le Consul général de France affirme qu’une plainte est déposée par ses soins «dans les six semaines qui suivent son identification». Il note que les demandes de visa de long séjour sont soumises à des accords bilatéraux entre l’Algérie et la France contrairement à ceux de court séjour qui répondent aux exigences de l’espace Schengen.
A propos de l’augmentation des frais du visa, le Consul général affirme que le département Justice et Affaires générales de la Commission européenne s’est saisi de la question et l’entérinera probablement très prochainement. «Son entrée en vigueur aura lieu en octobre ou en janvier prochain, c’est en tout cas assez inéluctable», dit-il.
Source Par G. O. 26 avril 2006
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