On ne sait pas encore si la procédure d’extradition aura abouti en juillet quand cette affaire commencera à être jugée. L’ambassadeur d’Algérie en Grande-Bretagne, Mohamed Salah Dembri, qui était hier matin l’invité de la rédaction de la Chaîne III, estime qu’il est un peu prématuré de dire si Abdelmoumen Rafik Khalifa sera ou non présent à ce procès.
M. Dembri a rappelé que l’Algérie a présenté des demandes d’extradition aux autorités de Grande-Bretagne de quelques Algériens recherchés par la justice en Algérie (dont Abdelmoumen Khalifa) et que les institutions concernées de la justice des deux pays sont en contact pour essayer de faire avancer ces demandes.
L’extradition a été à l’ordre du jour des discussions qu’ont eues à Alger des délégations britanniques. A propos des 17 détenus algériens dans les prisons londoniennes, M. Dembri note qu’il a y eu beaucoup de confusions dans la médiatisation de cette affaire.
Il s’agit, a précisé l’ambassadeur algérien, d’une demande britannique parce que ces personnes sont sous le coup d’une mesure d’expulsion. «Pour l’instant, ajoute M. Dembri, la procédure d’identification des 17 Algériens n’est pas terminée, il y a un dialogue qui est établi à l’effet d’avoir l’ensemble des informations concernant l’identité de ces personnes ; seule une personne est connue au fichier de la justice algérienne, quelles sont les charges retenues contre eux par les autorités britanniques et quels sont leurs vœux personnels».
Concernant l’exigence de garanties à propos des personnes qui seront extradées, M. Dembri considère qu’il ne faut pas mettre le problème sur «le terrain des prépondérances». Quoi qu’il en soit, selon M. Dembri, cette affaire n’est pas l’essentiel dans le dialogue qui porte sur des conventions bilatérales de plus grande portée.
Il signale que «des chantiers ont été lancés dans le sillage de la coopération algéro-britannique et qui portent d’abord sur une négociation forte en matière d’entraide judiciaire, en matière civile et commerciale, en matière d’extradition, en matière de circulation des personnes, de réadmission des personnes, des accords sur la promotion et la protection des investissements et sur la non-double imposition».
«Nos relations avec la Grande-Bretagne, souligne M. Dembri, s’établissent sur le socle du dialogue politique avec leurs prolongements économiques, commerciaux et évidemment la coopération sécuritaire dans le domaine aussi bien de la formation que de l’équipement, au titre de la défense nationale. M. Dembri ne manque pas de signaler que les relations diplomatiques entre les deux pays ont été établies en 1585, date de la venue du premier consul d’Angleterre à Alger.
Aujourd’hui, les mutations des relations internationales et le retour de la stabilité en Algérie contribuent à un plus grand développement des relations entre les deux pays.
Au plan des échanges économiques et commerciaux, relève M. Dembri, la Grande-Bretagne est passée, ces dernières années, du 13e au 8e rang sur la liste des partenaires de l’Algérie, et il n’y a pas que le domaine énergétique, les Britanniques sont actuellement intéressés par le plan de croissance de l’Algérie sur la période quinquennale 2005-2009 dans les domaines des télécommunications, des infrastructures, de l’agroalimentaire, de même qu’ils ont montré un intérêt pour l’accompagnement du programme de réformes en matière financière et bancaire.
Il enregistre que beaucoup de choses se font dans le domaine des relations culturelles en citant l’exemple des 400 étudiants de niveau doctoral qui se trouvent en Grande Bretagne.
L’Algérie est en première ligne parmi les pays éligibles à un partenariat stratégique avec la Grande-Bretagne d’après un classement fait, il y a trois ans, par le ministère des Affaires étrangères britanniques à partir de cinq critères: potentiel de développement des échanges commerciaux, l’approvisionnement énergétique, la coopération sécuritaire, la lutte contre les migrations clandestines et les liens avec l’Union européenne.
Source Par M'hamed Rebah 30 avril 2006
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