Des moudjahidine et moudjahidate ont parlé de la tragédie, non sans verser des larmes tant la douleur était forte et le souvenir de ces horreurs présent. «Le 8 Mai est un jour de liesse en France, chez nous, c’est plutôt celui de la tristesse», a commenté, hier, un moudjahid de la région de Kherrata, qui, très au fait de l’actualité, recommandera aux autorités algériennes de «ne pas signer le traité d’amitié sans le pardon officiel de la France».
En France, on fête la victoire des Alliés, et à Kherrata, Sétif et Guelma et un peu partout en Algérie on commémore le drame de la même journée. Un drame que d’aucuns ne sont pas prêts à oublier. Hier, un émouvant hommage a été rendu aux victimes par les autorités de la wilaya de Bejaia et des personnalités politiques.
Après le dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe des martyrs, les survivants des massacres se sont succédés pour apporter leurs témoignages des scènes douloureuses de ce jour-là. Pour que vive la mémoire, les intervenants n’ont pas laissé de détails; tout est revenu en mémoire. «Il faut que les générations futures sachent ce que leurs aînés ont subi.
Les sacrifices consentis par la population ne doivent pas être occultés», a soutenu un rescapé. Les politiques ne sont pas en reste de l’événement puisque le FFS a dépêché sur les lieux son Premier secrétaire, Ali Laskri. Dans son intervention, M. Laskri s’est élevé contre «le rôle positif de la colonisation» défendu dans l’Hexagone.
Parlant du traité d’amitié entre l’Algérie et la France, le responsable du FFS parlera «d’intérêts entre les gouvernants des deux pays, qui n’ont rien à voir avec le peuple». Mouloud Hamrouche, ancien chef du gouvernement et ex-candidat à la présidentielle, était également sur les lieux. A l’heure où nous mettons sous presse, il animait une conférence-débat devant une nombreuse assistance.
Source Par Ali Karimou 9 mai 2006
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