La question doit être tranchée aujourd’hui par les membres du Club de Paris qui a inscrit à l’ordre du jour la demande algérienne. Le ministre des Finances, M. Mourad Medelci, qui se trouve depuis hier à Paris, doit participer à cette réunion du Club de Paris.
Il ne s’agit plus d’une réunion exploratoire. L’Algérie veut la conclusion d’un accord multilatéral sur le remboursement anticipé de la dette qui est le prélude à des accords bilatéraux avec chacun des créanciers. Un communiqué de l’ambassade d’Algérie à Paris a annoncé que les négociations qui se dérouleront mercredi et jeudi devront être couronnées par «la signature d’un accord multilatéral avec les membres du Club de Paris qui précise les modalités de remboursement».
On est passé de l’absence d’objection de principe à la demande algérienne formulée officiellement le 15 mars dernier à un accord de principe qui devrait ouvrir la voie à un désendettement presque total de l’Algérie. Il s’agit pour l’Algérie de solder une dette publique auprès du Club de Paris qui s’élève à quelque 8 milliards de dollars. Cette demande algérienne a suivi l’accord avec la Russie portant sur l’annulation de la dette algérienne estimée à 4,737 milliards de dollars.
Le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia avait établi le lien entre les deux en soulignant que «le règlement du problème de la dette russe nous a permis d’ouvrir les portes du Club de Paris pour payer par anticipation notre dette». La conclusion d’un accord multilatéral est importante car elle implique que la règle du consensus des pays créanciers a été réalisée.
Cet accord de principe ouvre la voie à la conclusion d’accords bilatéraux avec chaque pays membre du Club de Paris. Cet accord de principe est acquis, a indiqué une source du Club de Paris, citée par l’Afp, qui a précisé qu’il appartiendra à «chaque créancier de participer ou pas pour ce qui le concerne». Les choses semblent d’ailleurs avancer et l’on indique que des négociations bilatérales sur le remboursement anticipé ont déjà été entamées avec certains créanciers.
L’Algérie souhaite faire avancer les choses car le paiement du service de la dette de l’année 2006 arrive à échéance à la fin du mois de mai. La dette extérieure algérienne représente actuellement 15 milliards de dollars, celle relevant du Club de Paris étant estimé à près de 8 milliards de dollars. M. Mourad Medelci a exprimé le souhait que cette réunion donne lieu à la signature d’un accord multilatéral qui permettrait «très rapidement signer avec chacun des pays membres du Club de Paris des accords bilatéraux».
Dans un tel cas, «l’Algérie pourra dire que l’année 2006 aura fait avancer d’une manière considérable la dynamique de désendettement qu’elle a adoptée». L’Algérie devrait aussi engager des négociations avec le Club de Londres en septembre qui est le mois de l’échéance du paiement du service de la dette privée qui est estimée à 1 milliard de dollars.
Selon le ministre des Finances, la Banque d’Algérie gérait cette démarche «dans des conditions qui permettront probablement, d’ici à la fin de l’année, d’opérer le paiement anticipé». Pour rappel, l’Algérie a cessé d’emprunter à partir de 2005 et a décidé de mener une politique de désendettement à la faveur de l’amélioration des recettes pétrolières.
De 21,4 milliards de dollars en 2004, la dette extérieure de l’Algérie a été ramenée à 15,5 milliards en 2006. En 20 ans, l’Algérie aura payé 117,9 milliards de dollars dont près de 84 milliards de dollars de remboursement du principal et 34 milliards de dollars pour les intérêts.
Source Par M. Saâdoune 10 mai 2006
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