Et si du côté officiel, cette grève a été faiblement suivie, de l’autre, celui des syndicats, 11 en tout, affiliés au secteur de la Fonction publique et initiateurs de cette action, c’est un autre son de cloche. Il n’en reste pas moins que la mobilisation était au rendez-vous.
Ceci est notamment vrai dans le secteur de l’éducation puisque les syndicalistes estiment le taux de suivi du mot d’ordre de grève à plus de 85% sur le territoire national. En tous cas, à Alger, le suivi est quasi massif puisque les élèves ont dû bronzer hier au soleil en l’absence de leurs profs. Il faut dire que les syndicats autonomes que sont le CNAPEST, le CLA, le SNTE et le SATEF ont largement prouvé qu’ils ont pignon sur ce secteur.
Et quand on sait que l éducation nationale fournit le gros des troupes de la Fonction publique, il est loisible de conclure que la grève a été largement suivie. Par ailleurs, et dans une déclaration faite hier, M. Hadj Djilali, le chargé de la communication de la Fédération de la santé du syndicat national du personnel de l’administration publique (SNAPAP), a indiqué que cet appel au débrayage a été, certes, diversement suivi, mais que globalement le taux de participation n’a pas été en dessous de 65% à la mi-journée.
Selon lui, dans certaines wilayas, à l’instar de Bejaia, Bouira, Tizi-ouzou, Annaba, Oum El Bouaghi et bien d’autres, le taux de suivi été au même moment de 100%. Idem pour les wilayas du Sud du pays où il a été enregistré un fort taux de mobilisation.
Il faut noter, cependant, qu’en Kabylie le taux de suivi a été particulièrement important au niveau de tous les secteurs d’activité de la Fonction publique à l’exception de celui de la santé pour des raisons évidentes. Hadj Djilali a également tenu à dénoncer le comportement des administrations vis-à-vis des grévistes. Un comportement qui était très loin du respect du libre exercice du droit syndical en général, et celui de grève en particulier.
De fortes pressions et menaces ont été exercées par les responsables administratifs sur les travailleurs. Il reste que pour l’essentiel, la grève a eu lieu et les dirigeants de l’intersyndicale de la Fonction publique se réuniront, selon le chargé de la communication de la Fédération de la santé du SNAPAP, aujourd’hui. A l’ordre du jour de cette rencontre figurent plus particulièrement l’évaluation de cette action de contestation et l’examen des modalités que la protesta prendra à l’avenir.
Car, cette journée de protestation ne sera pas la dernière, selon certains syndicalistes, d’autres actions ne sont pas à écarter au futur, tant que les revendications des travailleurs ne sont pas satisfaites. Revendications qui ont fondamentalement trait à la nécessaire amélioration des conditions de vie du personnel de la Fonction publique, à commencer par une majoration des salaires.
Une perspective que les pouvoirs publics n’écartent désormais pas et tiennent à assurer par le biais de divers canaux, notamment l’UGTA, qu’elle interviendra à l’automne prochain, soit à la rentrée sociale 2006-2007.
Source Par R. Mehdaoui & A. Makri 10 mai 2006
|