Traduction: à l’issue d’un tel démantèlement, la zone de libre-échange entre l’Algérie et l’UE sera d’elle-même entrée dans les faits, d’une manière sans doute si naturelle et si progressive qu’on ne s’en apercevra pas.
Cependant, d’ici là , beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. Tant il est vrai que dans le domaine diplomatique, les prévisions à long terme valent ce que valent les roses, l’espace d’un matin.
Si pour l’heure, l’Algérie est surtout conçue comme un débouché pour les produits européens, on retiendra que c’est le marché du gaz qui est, par la force des choses, la locomotive du partenariat stratégique que les deux parties envisagent de mettre en place. Pour rappel, l’Algérie est le deuxième fournisseur de l’UE avec 30% du marché, derrière la Russie qui en assure 50%.
Néanmoins, il est à prévoir que la part de l’Algérie augmente avec le dédoublement des gazoducs traversant l’Espagne et l’Italie via la Méditerranée.
Reste que la directive gaz, qui n’ouvre pas droit aux gros fournisseurs d’investir le marché de la distribution, dans lequel les bénéfices peuvent être multipliés, limite quelque part les gains que peut escompter l’Algérie.
Le contraire n’est pas vrai, puisque l’UE cherche de son côté à s’assurer la sécurité et la sûreté de ses approvisionnements, en s’impliquant à fond dans le cycle exploration-production transport des hydrocarbures, par conséquent en se réservant le contrôle de toutes les étapes de l’approvisionnement gazier.
En contrepartie de quoi? Certainement de l’apport financier et technologique, en plus d’un volume d’importations régulier et important.
Le gaz est donc bien une arme dans les négociations, d’autant plus que l’envolée des cours du baril fait de lui une énergie de substitution disponible et moins polluante.
Et pourtant, malgré l’importance du gaz dans les relations algéro-UE, il n’est pas inclus ans l’accord d’association. C’est la raison pour laquelle il requiert un traitement à part.
Quant aux thèmes de la première session du conseil d’association avec l’Union européenne, qui s’ouvre à Bruxelles, ils seront pris en charge par cinq groupes de travail qui couvriront différents domaines de coopération (agriculture-pêche, industrie-commerce-services, environnement-transport-énergie, justice-affaires intérieures, technologies).
Aux termes d’une procédure institutionnelle assez longue, prendront la relève des sous-commissions dotées de prérogatives, d’un calendrier et des termes de références négociées.
Lors de sa visite à Bruxelles en février dernier, le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, avait convenu avec le président de la Commission européenne, José manuel Barroso, de mettre en place un cadre de concertation de haut niveau. Peut-on en effet envisager un partenariat stratégique qui ne soit discuté que par des sous-fifres? Quand on est associé, -c’est ce qui devrait découler du contrat d’association-, on devrait pouvoir se dire les choses entre quatre-z-yeux.
En parallèle, bien sûr, les deux parties auront à coeur de finaliser un mémorandum établissant les principes qui devront régir les relations énergétiques, tout en approfondissant le partenariat dans le domaine de la lutte antiterroriste, du blanchiment d’argent, de la falsification des documents, des systèmes TIC, de la sécurité des ports et aéroports ; la partie algérienne ne manquant pas de mettre sur la table la circulation des personnes et l’assouplissement des conditions d’octroi des visas dans l’espace Schengen, alors même que notre pays est pressé d’apporter sa quote-part à la lutte contre l’immigration clandestine.
Par Ahmed Ben Alam - LexpressionDZ
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