Bouteflika rencontre Moubarak et Zapatero
Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, est arrivé jeudi à Séville pour assister à l’inauguration de l’exposition «Ibn Khaldoun, la Méditerranée au XIVème siècle: essor et déclin des empires». Plusieurs chefs d’Etat des pays du pourtour méditerranéen ont pris part à cette manifestation.
L’exposition qui se tient à l’occasion de la célébration du sixième centenaire du décès du célèbre penseur Ibn Khaldoun, passera en revue les relations politiques, économiques et sociales qui existèrent au XIVème siècle entre l’Europe et le monde arabo-musulman.
Peu avant l’inauguration de cette exposition, le président de la République a eu des entretiens avec le chef du gouvernement espagnol, M. José Luis Rodriguez Zapatero, le président égyptien, M. Mohamed Hosni Moubarak, et le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, M. Amr Moussa.
Ce dernier a déclaré avoir eu des discussions avec Bouteflika sur la situation qui prévaut dans le monde arabe. «Je suis venu m’enquérir de l’état de santé du Président Bouteflika puis nous sommes entretenus de la situation que traverse le monde arabe notamment en Irak, en Palestine, au Soudan et ailleurs», a indiqué M. Amr Moussa à l’issue de l’audience que lui a accordée le président la République.
De son côté, le chef du gouvernement espagnol a indiqué, à l’issue de l’entretien qu’il a eu avec M. Bouteflika, avoir passé en revue avec le président de la République les «excellentes» relations entre l’Espagne et l’Algérie, notamment dans le domaine économique. M. Zapatero a indiqué également qu’il a évoqué avec M. Bouteflika «la prochaine réunion de haut niveau algéro-espagnole qui se tiendra à Alger».
L’entretien qu’a eu M. Bouteflika avec M. Zapatero devait également être mis à profit par ce dernier pour aborder la question relative au refus de l’Algérie d’assister à la conférence sur l’immigration prévue les 10 et 11 juillet à Rabat, avait déclaré une source diplomatique espagnole citée par l’AFP.
Alger a en effet exprimé son intention d’ignorer la conférence de Rabat et participer en revanche à une «conférence ministérielle sur les problèmes migratoires» prévue les 5 et 6 juin à Tripoli en Libye, sous les auspices de l’Union africaine (UA).
Au sujet de ces deux conférences euro-africaines consacrées toutes les deux aux problèmes migratoires, une autre source diplomatique espagnole, citée par l’AFP, a affirmé jeudi que le gouvernement espagnol, loin de les considérer comme «concurrentes», bien qu’elle soient dédiées au même thème et programmées à des dates presque concomitantes, les juge «complémentaires».
Leur «enjeu et leurs domaines seront différents»: celle de Rabat examinera des «solutions immédiates» et concernera «la route occidentale de l’immigration africaine» vers l’Europe, tandis que l’autre posera le problème à l’échelle de toute l’Afrique, avec des solutions à long terme, selon cette source.
Néanmoins, Madrid, ajoute la même source, s’efforce toujours de convaincre Alger de revenir sur son refus d’assister à la conférence des 10 et 11 juillet prévue à Rabat. Une conférence dont «ni la date ni le lieu» ne sont encore fixés, a affirmé la même source diplomatique.
C’est un «projet» UE-UA, «une possibilité», selon cette source, qui n’a pas omis de souligner que l’Espagne reste toutefois «favorable» à sa tenue. L’Algérie estime que la question de l’immigration ne peut être traitée que dans le cadre de l’Union africaine, de laquelle s’est retiré le Maroc car elle reconnaît la «République arabe sahraouie démocratique».
Pour sa part, la conférence de Rabat est une initiative promue par l’Espagne, le Maroc et la France à la suite de la sanglante crise migratoire de l’automne 2005 dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (nord du Maroc), prises d’assaut par des milliers de candidats africains à l’émigration.
Des incidents frontaliers meurtriers s’en étaient suivis, précédant la dispersion dans le désert de milliers d’Africains puis leur expulsion.
En mars et plus encore depuis le début du mois de mai, le flux d’émigrants s’est redirigé sur l’île espagnole de Ténérife (Canaries), au large de l’Afrique de l’Ouest, où les clandestins arrivent à raison de plusieurs centaines par jour, tandis que les autorités locales calculent que plusieurs centaines d’autres ont péri noyés dans la traversée depuis fin 2005.
Par H. Barti - Quotidien Oran
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