Les enquêteurs du HCDH au Sahara occidental
L’arrivée depuis mardi dernier aux territoires occupés de la commission onusienne des droits humains au Sahara occidental a engendré de grands dérapages et une vague de répressions menée encore une fois par les autorités marocaines contre la population civile et les militants sahraouis des droits de l’homme.
Les échos parvenus, hier d’El Ayouin occupée, où les membres de la mission onusienne étaient censés enquêter sur les violations des droits humains pour la première fois depuis 30 ans, font état que ses derniers n’ont pu s’entretenir qu’à deux reprises seulement avec les représentants des différentes associations sahraouies des droits humains.
La rencontre de jeudi a été carrément empêchée par les services de sécurité.
Par ailleurs, la manifestation prévue par la population et qui a fini par être annulée pour éviter les heurts avec les forces marocaines, a été violemment réprimée par les forces de sécurité marocaines. Le bilan rendu public par les agences de presse sahraouies, fait état de dizaines de blessés et d’arrestations parmi la population civile.
Devant cet état de fait, le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme a interpellé jeudi dernier, la délégation onusienne sur les dépassements enregistrés, et les violations des droits humains, qui étaient en train de se produire dans quelques rues, plus loin de l’hôtel Parador, où résidaient les membres de la mission, qui ont été invités à venir constater eux-mêmes sur le terrain.
La visite de la mission a été marquée par un fort déploiement des différentes forces de police et de corps paramilitaires dans toutes les rues de la ville.
Protestant vivement contre ce grave dérapage et s’indignant plus encore de l’attitude passive des Nations unies face à tant de répression et à l’atteinte à la dignité et à la sécurité de la population civile sahraouie, le Bureau international pour le respect des droits humains au Sahara occidental (BIRDHSO) a appelé le Haut commissariat aux roits de l’homme (HCDH) de l’ONU «à intervenir immédiatement auprès des autorités marocaines pour que cette situation dramatique cesse».
Dans le message adressé jeudi dernier à ce dernier, le BIRDHSO a aussi invité l’ONU «à dénoncer les détentions arbitraires, les tortures, les disparitions forcées contre les civils et à faire respecter le droit international dans les territoires occupés».
Toujours sur le plan diplomatique, le président de la Rasd et secrétaire général du Front Polisario a réclamé du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan «une intervention urgente et de trouver le mécanisme adéquat pour protéger les citoyens civils sahraouis, qui ont été violemment réprimés par les forces marocaines».
Rappelant au SG de l’ONU que ces derniers ont été empêchés par la force de s’entretenir avec la commission onusienne, le président de la Rasd a imputé cette situation explosive et dont les conséquences sont imprévisibles «au refus du Maroc d’honorer ses engagements internationaux en s’opposant à la tenue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui».
La commission onusienne est attendue demain à Tindouf où elle doit s’entretenir avec la population sahraouie dans les camps des réfugiés.
Habiba Ghrib - Le Jour d'Algérie
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