L'investissement en Algérie
L’investissement en Algérie a été hier au centre d’un débat au forum d’El Moudjahid. Le directeur général de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), Abdelmadjid Baghdadli, a rappelé dans son intervention les indicateurs macroéconomiques stables: «l’inflation maîtrisée, un taux d’intérêt raisonnable, un taux de croissance appréciable, l’endettement en baisse et des réserves de change conséquentes».
Cette conjoncture a permis au risque Algérie de baisser à 3, selon les dernières estimations de l’OCDE et de faire de son marché une destination de plus en plus attractive à l’investissement étranger.
Chiffres à l’appui, le DG a rappelé qu’en 2005, l’agence a enregistré 2.255 projets d’investissement totalisant quelque 512 milliards de dinars, soit environ 7 milliards de dollars. 84 de ces investissements impliquent des étrangers pour un montant de 113 milliards de dinars (1,5 milliard de dollars).
Au courant de cette année, le Conseil national de l’investissement (CNI) a eu à valider, durant les 7 réunions qu’il a tenues, «37 grands projets pour un investissement de 331 milliards de dinars, l’équivalent de 5 milliards de dollars», a indiqué Baghdadli.
Pour l’ensemble de l’année 2006, il annonce un investissement de 6,5 milliards de dollars. L’Algérie, affirme-t-il, doit désormais relever le défi de sortir de l’emprise du pétrole en vue de diversifier son économie et ses exportations.
Et ce n’est pas les opportunités qui manquent. Il suffit de savoir, rappelle le DG de l’ANDI, que le marché national, avec une population de 30 millions d’habitants et un PNB de 105 milliards de dollars, doit compter entre 700.000 à 1 million de PME au lieu de 300.000 actuellement.
L’Etat a un rôle de promoteur de l’investissement, indique un industriel. Dans ce cadre, il doit mettre l’accent sur la formation. Car, soutient le même intervenant, «on ne peut pas développer un pays sans cadres compétents qui sont les véritables richesses d’un pays».
L’autre rôle de l’Etat porte sur l’aménagement du territoire et le développement des infrastructures. Le dernier rôle porte sur la régulation car «un investisseur n’a pas besoin d’avantages mais d’un Etat de droit».
Les actions de soutien des pouvoirs publics pour les investisseurs doivent porter sur le développement des mécanismes financiers pour une transformation plus importante des ressources collectées en investissement et la création de fonds d’investissement.
Le même industriel s’est réjoui des actions menées par la tutelle dans ce cadre et des avancées qu’enregistre le processus de réforme financière. Aux entrepreneurs algériens, il explique que «tous les secteurs en Algérie sont porteurs et demandeurs de développement». Citant le cas de l’agriculture, il a indiqué que «le Sud algérien, qui dispose de l’équivalent de la Méditerranée en eau, peut être la Floride de l’Algérie».
Avec l’exploitation de 1.100 hectares de serres, l’Algérie peut réduire sensiblement le coût de fruits et légumes et diversifier ses exportations vers l’Europe, notamment. Dans l’industrie, conclut le même intervenant, «on n’a pas pu explorer plus de 25% du territoire national».
Par Ghania Amriout - Quotidien Oran
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