Le premier ministre turc en Algérie
«Nous ne sommes pas là pour échanger des cartes de visite». Le Premier ministre turc M. Recep Tayyip Erdogan a affiché clairement l’intention de son pays d’aller aussi loin que possible avec l’Algérie dans la coopération.
Intervenant hier devant des hommes d’affaires turcs et algériens à la résidence Djenane El Mithak en compagnie de plusieurs membres du gouvernement algérien, M. Erdogan a appelé à donner à sa visite dans notre pays «un sens» d’autant plus, a-t-il souligné, que c’est la première visite depuis plus de 20 ans d’un responsable de ce rang.
«Je ne pense pas que cette rencontre servira seulement à un échange de cartes de visite», dira le Premier ministre devant les responsables algériens, notamment le ministre des Finances, Mourad Medelci, ainsi que Abdelhamid Temmar, ministre des Privatisations et de la Promotion des investissements.
Erdogan qui rappellera que l’Algérie est le premier partenaire commercial de la Turquie dans toute l’Afrique, dira cependant que cela reste insuffisant et appelle à un développement rapide d’autres opportunités d’affaires au profit des deux pays.
Le Premier ministre se dit très intéressé par les grands chantiers lancés par l’Algérie notamment la réalisation du million de logements prévu dans le programme présidentiel, l’autoroute, les barrages ainsi que les différentes infrastructures urbaines que compte réaliser notre pays.
Il expliquera que la Turquie en l’espace de trois années seulement a su se placer sur l’échiquier économique mondial et peut se targuer d’être une force régionale en faisant des avancées considérables dans tous les domaines. Cela, a-t-il ajouté, a valu à la Turquie respect aussi bien en Europe qu’en Amérique.
De son côté, Abdelhamid Temmar, prenant la parole, a voulu être pragmatique en soulignant que tout n’est certes pas rose dans notre pays, mais que des efforts immenses ont été consentis pour remettre sur rails notre économie et engager des réformes dans tous les secteurs.
Il appellera à son tour les hommes d’affaires turcs qui étaient présents à investir davantage dans notre pays mais surtout à s’intéresser aux 900 entreprises publiques concernées par la privatisation.
Il expliquera que les entreprises en question seront d’un grand profit pour peu qu’on injecte de l’argent pour les remettre en compétition sur le marché.
Temmar qui déplore le peu d’intérêt des entrepreneurs turcs à l’endroit de ces entreprises promet que les formalités pour leur reprise ne dépassent pas les six mois.
Il faut noter que le Premier ministre turc, arrivé hier, était accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires mais aussi du président de la Bourse de Turquie qui promet à son tour qu’une fois l’accord de libre-échange signé entre l’Algérie et la Turquie, les deux pays seront une force incontournable dans toute la région
Par Z. Mehdaoui - Quotidien Oran
|