Mélange explosif au sud de l’Algérie
On constatait, hier, que les rebelles avaient quitté les places et les casernes qu’ils occupaient -en emportant avec eux armes et vivres en grande quantité, selon les témoins.
Des rebelles touaregs ont occupé, mardi, deux camps militaires à Kidal, dans le nord-est du Mali, apprenait-on de sources militaires. Les assaillants, qui seraient commandés par un ancien officier déserteur de l’Armée nationale, ont usé de camionnettes armées de mitrailleuses pour lancer l’assaut contre les camps situés dans la périphérie de la ville de Kidal qui se trouve au pied du massif de l’Adrar des Ifoghas, aux confins de l’Algérie et du Niger.
Selon une source militaire, les assaillants seraient des partisans du lieutenant-colonel Hassan Fagaga, un ancien officier et rebelle touareg qui a déserté avec un groupe d’hommes en février. Kidal est au coeur du nord désertique du Mali, où des nomades touaregs s’étaient soulevés au début des années 1990 en affirmant être négligés et marginalisés par le pouvoir central.
L’objectif des assaillants consiste, selon une source malienne, à former «un front uni», à la suite de rumeurs persistantes selon lesquelles l’armée malienne s’apprêterait à reprendre le contrôle de la ville de Kidal. Toutefois, la tension s’est quelque peu atténuée ces dernières 24 heures.
En effet, les ex-rebelles touaregs qui ont attaqué mardi des camps militaires du nord-est malien, ont indiqué hier qu’ils souhaitaient «négocier» avec le gouvernement central de Bamako pour le développement des régions septentrionales du pays.
Le président libyen Kadhafi avait il y a quelques semaines appelé les Touareg de la région saharo-sahélienne à se constituer dans une seule et unique Fédération qui prendrait en charge leurs soucis et qui a été interprétée par plusieurs capitales de la région comme un appel à l’insurrection.
Relevons, néanmoins, le fait -une coïncidence?- que le retour des turbulences dans cette région concorde avec le moment où Washington met en place des structures de surveillance de ce vaste territoire saharien dans le cadre de son plan de lutte contre le terrorisme.
Les Etats-Unis avaient, en fait, commencé à s’intéresser à cette région au lendemain de la «guerre totale» engagée par l’administration Bush contre la nébuleuse Al Qaîda et la dispersion de ses cadres et de ses sympathisants un peu partout dans le monde.
Le plan de Washington, Pan- Sahel Initiative (PSI) est un vaste programme dont l’objectif est d’endiguer toute menace terroriste venant du Sahel. D’aucuns affirment que les Etats-Unis, avec leurs drones et leurs satellites, ne sont jamais loin.
Les Etats-Unis utilisent des avions de reconnaissance Orion P3. Cependant, il est tout à fait légitime de se demander «qui justifie la présence de qui?»
Les turbulences sont-elles des réponses autochtones à une présence étrangère accrue et donc, pesante? Ou alors une réaction aux régimes locaux qui maintiennent la région dans son état de misère? Ou alors, la stratégie américaine est-elle réellement une réponse pratique à une menace qui prend forme, jour après jour?
- Résumé Article - Fayçal Oukaci - L'Expression
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