Algérie : Question d'eau
Admettre que l’usage de l’eau doit faire partie des comportements citoyens, c’est adopter une démarche qui tienne compte du niveau de perception des Algériens quant à cette ressource, de leur niveau de conscience de sa rareté, des pratiques sociales en matière d’économie de l’eau, ainsi que du niveau de conscience des institutions qui penchent pour plus de solutions techniques aux coûts souvent très élevés.
Continuer à ne voir dans la disponibilité de l’eau que plus d’investissements est une vision certes nécessaire, mais de plus en plus insuffisante au regard des résultats obtenus, y compris dans les approches rationalistes.
Faire une fois de plus l’état des lieux en actualisant les données disponibles, en introduisant de nouveaux indicateurs, permet tout juste de situer les questions quantitatives et affirmer, par les seuls chiffres rapportés aux normes techniques, une évolution des ordres de grandeur.
Sans tenir compte des spécificités régionales, des us et coutumes, des enjeux socio-économiques ainsi que des facteurs culturels.
Les objectifs de développement consistent, le plus clair du temps, à conjuguer des idées technicistes du reste, source d’inspiration pour les planificateurs, mais comportant en leur sein une représentation linéaire des choses. Une vision unique. Le développement perd ainsi les réflexes de la dynamique sociale censée le fonder pour se traduire en seule préoccupation économique.
Or l’eau est une ressource de socialisation et les dangers engendrés par sa rareté ne sont plus à démontrer. Le nombre de conflits entre groupes humains par rapport à cette question vitale se multiplie au gré des intérêts souvent divergents de ces groupes.
L’Algérie a, depuis quelques années, ratifié l’ensemble des conventions internationales ayant trait aux exigences de l’environnement.
Elle a élaboré des programmes nationaux traduisant les plans d’action à mener dans le cadre de ces conventions avec l’appui d’instances internationales. Elle a mis en place un dispositif réglementaire pour légitimer ces actions et dégagé les financements adéquats pour atteindre les objectifs. Les acteurs ont été clairement identifiés par des expertises nationales et étrangères.
Les aspects de la gouvernance ont à chaque fois été mis en exergue et des plans de formation ont été programmés comme condition de réussite. Des diagnostics participatifs ont fait l’objet de nombreuses études aussi sérieuses les unes que les autres. Les compétences existent à tous les niveaux mais elles méritent plus d’attention pour conserver leurs motivations.
Malgré toutes ces bonnes conditions, les résultats semblent en tout cas très en deçà des espoirs portés sur l’avenir. Il ne s’agit pas seulement de mobiliser les ressources, il y a lieu de le faire aussi à moindre coût économique et surtout social. C’est une question éminemment politique à laquelle il faut répondre avant... 2025, et c’est déjà demain.
Par Ahmed Saïfi Benziane - Quotidien Oran
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