Plus de 18.000 travailleurs étrangers en Algérie
Le recours à la main-d’oeuvre étrangère a connu une croissance exponentielle les sept dernières années en Algérie. Ainsi, le nombre de ces travailleurs a augmenté de 543 employés en 1999, à 18.191 en 2006, soit 34 fois plus.
Pourtant, les 18.191 travailleurs étrangers ne représentent que la proportion très faible de 0,006% de la population active, ce qui signifie que le marché de travail algérien reste largement dominé par la main-d’oeuvre locale.
En fait, le recours au travailleur étranger est dicté par un déficit dans certaines qualifications, notamment dans le secteur de l’habitat et des hydrocarbures.
C’est ce qui ressort en tout cas des déclarations faites, hier, par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamal Ould Abbas, lors d’une journée d’information sur la gestion de la main-d’oeuvre étrangère en Algérie.
Le recours aux travailleurs étrangers, qui ne cesse d’augmenter depuis 1999, s’explique par la croissance économique que connaît l’Algérie, a soutenu le même ministre, qui a précisé que l’effectif étranger activant en Algérie représente 150 nationalités.
La part du lion revient aux Chinois, qui représentent la communauté étrangère la plus importante, avec 45% du chiffre global, suivis par les Egyptiens, 11%. Viennent ensuite les Italiens, les Philippins, les Américains et les Français, avec quelque 3% pour chacune de ces communautés.
Quant à la répartition géographique de la main-d’oeuvre étrangère activant en Algérie, le premier responsable du secteur de l’Emploi a précisé que 65% de cette main-d’oeuvre est concentrée dans les wilayas d’Alger, Ouargla, Oran et Adrar, ajoutant que «le plus grand effectif de ces travailleurs est réparti à travers les secteurs de l’habitat et des hydrocarbures».
Sur les conditions de l’emploi des travailleurs étrangers en Algérie, le même responsable a affirmé que ces derniers «bénéficient des mêmes avantages que les travailleurs nationaux», tant en matière de relations de travail que de sécurité sociale et de scolarisation des enfants.
Et pour démontrer cette égalité entre main-d’oeuvre nationale et main-d’oeuvre étrangère, Ould Abbas rappellera le contenu de la loi de 1981, relative aux conditions d’emploi des travailleurs étrangers, et le décret présidentiel y afférent, qui s’inspirent «largement», a-t-il dit, des «recommandations de l’Organisation internationale du Travail (OIT), visant la protection de cette main-d’oeuvre, au même titre que les travailleurs nationaux».
S’attardant sur l’aspect juridique, Ould Abbas a affirmé qu’afin de gérer les flux des travailleurs étrangers auxquels le pays a eu recours en vue de renforcer sa main-d’oeuvre nationale, l’Algérie a mis en place un nombre de mécanismes juridiques largement inspirés des recommandations de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Selon le ministre, le recours à la main-d’oeuvre étrangère a été «une nécessité» dictée par la croissance économique que connaît l’Algérie ces dernières années, et ce pour «combler les déficits enregistrés dans certaines qualifications».
Il s’agissait, en outre, de «bénéficier de l’expérience acquise au plan international», a-t-il ajouté. Cependant, ce choix «n’est pas considéré comme une migration sélective», a souligné le ministre, ajoutant que «l’Algérie ne fait appel qu’aux qualifications considérées insuffisantes sur son sol, tels les métiers du bâtiment».
Par H. Saaïdia - Quotidien Oran
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