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Actualité

 

Algérie : «Nous exigeons toujours un gouvernement neutre et une révision de la Constitution»

 

La nomination d’un chef de l’Exécutif issu de la majorité parlementaire qu’est le FLN n’a pas l’air de plaire au MSP. Abdelhak Boumechra, président du groupe parlementaire, nous l’a fait savoir hier en marge de la réunion de l’instance de coordination parlementaire des partis de l’Alliance présidentielle.

«Nous n’avons pas changé de position, nous exigeons toujours un gouvernement neutre qui sera chargé de l’organisation des élections», nous a-t-il affirmé, estimant que les garanties données par Abdelaziz Belkhadem dans sa conférence de presse de dimanche dernier ne sauraient être suffisantes. «Vous savez, et nous savons tous comment se déroulent les élections dans notre pays depuis 1975. Sachant aussi que même l’administration est soumise au puissant du moment.»

A la question de savoir comment on peut garantir la neutralité de l’administration, M. Boumechra indiquera que les cadres ne doivent pas avoir sur la tête l’épée de Damoclès du maintien ou non à leur poste s’ils venaient justement à rester neutres pendant les élections.

Répondant à une question relative aux conséquences des derniers événements sur l’activité parlementaire, le chef du groupe du MSP n’a pas caché que les élus étaient frustrés en ce sens que, par deux fois, la Constitution a été violée en moins d’une quinzaine de jours. D’abord par le non-respect de l’article 84 de la Constitution qui dispose que le chef de gouvernement doit présenter annuellement la déclaration de politique générale.

Ensuite par la violation de l’article 80 de la même loi suprême du pays qui stipule que le nouveau chef du gouvernement doit présenter son programme devant le Parlement.

«Même si le staff gouvernemental n’a pas changé dans les faits, si l’on excepte le chef de l’Exécutif, il n’en demeure pas moins qu’un décret présidentiel a été signé nommant le gouvernement.» Le président du groupe parlementaire du MSP déplore que, dans ces cas de figure, il n’y ait aucun mécanisme de recours, compte tenu du vide juridique constitutionnel.

En plus clair, il n’est pas possible de saisir le Conseil constitutionnel, la loi suprême ne donnant pas cette prérogative aux parlementaires. Sur ce même registre, M. Boumechra nous indiquera qu’il faut absolument réviser la Constitution.

«Il faut revoir les relations entre les différentes institutions de l’Etat», nous dit-il. Quant à la question de la durée du mandat présidentiel, M. Boumechra estime que son parti est pour le maintien de l’actuel article 74 qui le limite à deux mandats, tout en précisant que nous sommes en passe de reculer sur le plan démocratique pour revenir à l’unicité de pensée. Enfin, notre interlocuteur ne partage pas la position du FLN quant à la nature du régime, préférant le parlementaire, tout comme le RND, estimant que c’est la seule manière de consacrer la démocratie.

Pour en revenir à la réunion de la coordination parlementaire des partis de l’Alliance, elle avait pour ordre du jour l’annonce de l’organisation d’une journée parlementaire sur le développement humain dans le cadre du NEPAD, prévue pour le mardi 13 juin.

Les trois chefs de groupes parlementaires ont, bien entendu, tout fait pour ne pas laisser transparaître les divergences apparues aux sommets de leurs partis respectifs.

Par Faouzia Ababsa - La Tribune

   
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