Les banques saucent leurs services en Algérie
Pour un système moderne, une communication qui laisse à désirer.
Le grand pas fait par la réforme bancaire avec la mise en place d’un système moderne de télé-compensation des chèques n’a pas été suivi d’une bonne communication à la hauteur du projet.
Les particuliers et les entreprises se plaignent de la nouvelle tarification des services bancaires. «A chaque versement, on paie 1% de la somme, avec un plafond fixé à 2.500 dinars. On n’a pas été prévenu. Ce n’est pas normal et c’est trop cher. Je vais changer de banque», se plaint un promoteur immobilier, domicilié dans une banque publique.
Certaines banques publiques ou privées ont commencé à travailler avec la nouvelle tarification. D’autres ne l’ont pas encore fait. «Nous n’avons rien reçu encore, jure un responsable à la BADR. Nous travaillons toujours avec l’ancienne tarification et nous comptons informer convenablement nos clients de tout changement».
L’entrée en vigueur de la télé-compensation des chèques se fait à petits pas. «Parfois, le nouveau système ne fonctionne pas et nous sommes obligés de garder l’ancien et de travailler avec pour ne pas pénaliser les clients.
Il faut au moins pour généraliser le nouveau système de télé-compensation des chèques», confie un autre banquier qui a requis l’anonymat.
En décidant d’augmenter le coût des prestations, les banques veulent surtout réduire l’utilisation des liquidités et inciter leurs clients à opter pour le chèque. «Le traitement des liquides dans les agences bancaires coûte cher et il y a une gestion de liquidités très forte.
Pour compter, comptabiliser, garder et sécuriser, classer les billets selon leur état, il faut beaucoup de personnel. C’est plus simple de traiter deux milliards en chèques qu’en liquide.
Il y a beaucoup de personnel qui s’occupe de la gestion des liquides et cela a un coût pour les banques», argumente M. Benkhalfa, délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (Abef).
A mesure que le nouveau système prend le dessus sur l’ancien, la tarification des services bancaires devrait baisser considérablement. «Actuellement, il y a sept millions de chèques qui sont échangés entre les banques. Avec le nouveau système de télé-compensation, les banques espèrent multiplier ce chiffre par cinq et gagner sur le volume.
Les nouveaux tarifs ne sont pas énormes, ils représentent à peine 30% à 40% des coûts qui ont été nécessaires à la mise en place des nouveaux systèmes de paiements», explique M. Benkhalfa.
Le délégué général de l’Association des banques et établissements financiers reconnaît le manque de communication qui a suivi la mise en place de la télé-compensation des chèques.
«Le système de télé-compensation des chèques fonctionne pour une partie des chèques, l’autre est toujours traitée par le système traditionnel. Pour la tarification, les patrons acceptent de payer pour une meilleure qualité de service.
Et il faut que les gens participent dans la prise en charge des coûts induits par la mise en place du nouveau système qui utilise une technologie sophistiquée», explique M. Benkhalfa. Mais, pour lui, les bonnes nouvelles sont à venir.
Les banques proposeront à leurs clients de nouveaux services bancaires à partir de 2007. «Dès l’année prochaine, nous allons passer à des forfaits bancaires avec une singularisation de gros clients qui recevront une convention de compte. Par exemple, actuellement le traitement d’un chèque coûte environ 50 dinars. Pour dix chèques, il faut multiplier par dix.
L’année prochaine, les banques vont proposer aux entreprises un forfait pour les chèques quel que soit le nombre. Nous allons vers une segmentation du marché des services bancaires et les gros clients ne paieront pas les mêmes tarifs que les particuliers pour les services bancaires », ajoute le délégué général de l’Abef qui insiste sur la volonté de la place bancaire de ne pas trop charger les usagers.
«L’objectif des banques est de conquérir le marché des paiements», assure M. Benkhalfa. Moins visible pour les particuliers, le nouveau système de transfert rapide de gros montants appelé ARTS rend des services considérables aux gros comptes. «Le système ARTS est destiné aux entreprises et banques.
Il permet des versements sécurisés et exécutoires, dans les heures qui suivent, des montants supérieurs à un million de dinars. Les virements qui sont faits sur la base d’un système technologique sophistiqué et un réseau télécoms spécialisé permettent aux entreprises de gagner en trésorerie», conclut M. Benkhalfa.
Par Hamid Guemache - Quotidien Oran
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