Algérie : Le Président interpelle et dénonce
C’est en interpellant ministres et walis et jusqu’en perdre la voix que le chef de l’Etat a dénoncé entraves, obstructions et blocages qui freinent les initiatives et l’acte d’entreprendre.
Pendant plus de deux heures, le Président s’en est pris aux ministres et aux walis pour n’avoir pas su répondre aux attentes des populations. Tout en affirmant l’importance des budgets alloués «et c’est une occasion historique», il dénonce la prolifération de problèmes graves qui minent la société et entravent le développement du pays.
«On doit être au rendez-vous fixé», «il faut s’assurer de la qualité des réalisations», «du développement local dépend la structuration stratégique du pays», «nous ne sommes ni prophètes, ni capables de miracles mais nous devons être sincères avec le peuple», «nous avons failli à la restauration de notre identité et à la réussite du développement mais vous ne pouvez pas dire que la génération de Novembre a trahi les idéaux», et bien d’autres propos ont émaillé les mots acerbes que le Président a servis à l’assistance.
«Je ne dis pas ça que pour en vouloir aux walis mais aussi aux ministres parce qu’il y en a qui travaillent jour et nuit mais d’autres vivent comme des citoyens sans fournir trop d’efforts», a-t-il lancé. «Il faut absolument changer nos mentalités, il faut qu’on change ce qui est en nous.» Il fustigera ainsi ceux des responsables qui croient que la construction d’une autoroute remplace les chemins communaux. «Que peut faire un citoyen avec une autoroute quand il est bloqué faute de routes nationales ou de chemins communaux viables ?», a-t-il interrogé.
De tout ce qu’il qualifie de fléaux sociaux qui se propagent dangereusement dans le pays, il rend responsables les collectivités locales et dégage sa responsabilité et celle du chef du gouvernement. «Ni le président ni le chef du gouvernement ne sont responsables de cela parce que le gouvernement ne peut répondre du manque de responsabilité des collectivités locales», a-t-il soutenu en rappelant au peuple que «c’est lui qui a élu ses représentants au plan local», éludant ainsi toutes les manoeuvres par lesquelles le pouvoir central impose des élus loin d’être représentatifs des populations.
Il remettra en cause les schémas urbanistiques jusque-là exécutés en s’appuyant sur ce qui a été fait pour la reconstruction de Chlef, «une ville construite en 20 ans mais qui ressemble aujourd’hui à un bidonville». Il évoque pour la circonstance les 6.000 habitations devant être construites dans cette wilaya sans qu’il leur soit programmé les équipements de base n’était «mon intervention», a-t-il dit. «A quoi ressemblent les immeubles qu’on construit ?», a-t-il encore interrogé pour démontrer la mocheté de la chose.
«Où sont les études ?», demande-t-il en interpellant au passage «et toi Barkat, tu sais que ce sont des terres agricoles qui ont été construites, nécessité oblige, nous les avons utilisées». Il estime que toute construction doit pourtant marquer le passage d’une génération à une autre. «Je ne vise personne, nous sommes tous responsables», dit-il. Il appelle les ministères et les wilayas à réfléchir sur de nouveaux modes et modèles de construction.
Par G. O. - Quotidien Oran
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