3.000 conteneurs en souffrance en Algérie
Le ministre des Finances, Mourad Medelci, a répondu jeudi à plusieurs questions soulevées par les députés. Il a surtout été interpellé sur la situation d’engorgement de conteneurs dans laquelle se trouvent tous les ports et le commerce extérieur.
Sur le premier point, l’on a fait état des «longs délais d’enlèvement des conteneurs». Une situation qui étouffe pratiquement ces espaces. Le ministre a révélé en premier lieu, rapporte l’APS, qu’un inventaire des services portuaires fait état «de 2.000 à 3.000 conteneurs qui se trouvent dans les ports depuis 1996». Rien qu’au niveau du port d’Alger, ce sont quelque 428 conteneurs en dépassement du délai légal et comportant des marchandises non déclarées par les propriétaires qui s’y trouvent.
Afin de désengorger les ports, informe Mourad Medelci, une commission portuaire permanente a été créée avec «pour mission d’établir un inventaire des conteneurs en souffrance et de la nature de la marchandise qui y est contenue», et ce, en application d’un décret de 1997.
Une fois ce travail fait, poursuit-il, il sera décidé soit de la destruction soit de la vente des marchandises. Parallèlement à cette opération d’inventaire, ajoute l’intervenant, la direction générale des douanes a pris des mesures qui encouragent «la création de ports secs et des entrepôts extraportuaires ainsi que l’établissement d’actes de location d’entrepôts pour les marchandises destinées à la vente aux enchères».
Par ailleurs et en matière de procédure douanière, cette même administration oblige «les importateurs à dédouaner leurs marchandises dans les délais légaux fixés à 4 mois et 21 jours». Interrogé par un député sur la domiciliation bancaire et la pratique de certaines banques qualifiées de «discrimination» en faveur d’une certaine catégorie d’exportateurs appelée «barons», Mourad Medelci a indiqué que les établissements bancaires peuvent refuser la domiciliation dans des cas bien précis et clairement définis par la loi.
L’interdiction s’applique, rapporte l’APS, lorsqu’il est constaté que le prix à l’exportation tel que déclaré par l’opérateur économique est en dessous du prix minimum de référence fixé par un arrêté du ministère du Commerce du 15 mars 2005, lorsque le siège social de l’entreprise exportatrice est en dehors de la région couverte par l’agence bancaire auprès de laquelle l’exportateur souhaite établir sa domiciliation, dans le cas où la banque n’arrive pas à disposer de renseignements suffisants sur certaines catégories de clients, dont notamment la clientèle de passage et la clientèle de nationalité étrangère, et enfin pour tous opérateurs qui auront commis des infractions à la réglementation des changes.
Sur un autre chapitre, le grand argentier du pays s’est prononcé sur une revendication d’allégement ou d’amnistie fiscale au profit des commerçants qui «approvisionnaient gratuitement la garde communale en produits alimentaires durant les dix années de terrorisme».
«Un geste généreux et patriotique», explique un député, qui a mis à mal les finances des commerçants. Le ministre a promis que ses services se pencheront sur la question pour essayer de trouver des solutions «au cas par cas» et «dans les limites permises par les textes en vigueur».
Il s’agira, préconise-t-il, de classer ces approvisionnements gratuits dans la catégorie des «dons». Ce qui ouvrira droit aux commerçants à un droit d’allégements fiscaux.
Par Ghania Amriout - Quotidien Oran
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