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Actualité

 

2.959 nouveau-nés abandonnés en Algérie

 

Très attendu par quelques rares militants des droits des enfants nés sous X, un test d’ADN pour la filiation parentale (de la paternité surtout) sera possible si le projet de loi annoncé jeudi, devant les députés de l’APN par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, voit le jour.

En réponse à une question d’un député sur les mesures prises pour «faire face au phénomène des relations illégitimes et des nouveau-nés retrouvés dans les rues», Djamel Ould Abbès a donc fait état de la préparation, en coordination avec les parties concernées, d’un projet relatif à la «filiation parentale pour les enfants nés sous X».

Une mesure qui, espérons-le, va mettre fin à l’irresponsabilité des «pères géniteurs» qui n’ont pas le courage d’assumer leur paternité en laissant les filles mères et les enfants nés d’une relation illégitime affronter seuls la société et la misère.

Sous réserve de l’acceptation de l’avant-projet de loi par le gouvernement puis de son adoption par l’APN et le Sénat, il est grandement temps que le recours au test ADN soit utilisé dans ces cas de figure afin non seulement de responsabiliser les «mâles» mais également de donner une identité à l’enfant qui est né des «unions».

L’enjeu est très important puisque des milliers d’enfants nés sous X naissent chaque année. Le triste record pourrait être battu au cours de cette année 2006 si l’on juge par les statistiques officielles qui font état de «2.959 nouveau-nés retrouvés sur des voies publiques au niveau de 36 wilayas» depuis janvier. Si Ould Abbès se veut rassurant, en affirmant que ces nouveau-nés «ont été placés dans des centres pour enfance assistée», et en soulignant que le nombre de ces enfants «a baissé par rapport aux années précédentes», il reste que la mesure annoncée est la bienvenue.

Pour le ministre de la Solidarité, la pauvreté est la principale raison de ce phénomène des mères célibataires. «99% des mères célibataires sont pauvres», a-t-il annoncé devant les députés estimant que «la solution à ce problème se veut une solution socio-économique».

Par ailleurs, et sur un tout autre sujet, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale a déclaré jeudi à l’APN, en réponse à une question relative aux crédits destinés aux jeunes, que des banques «bloquent» des dossiers de création de micro-entreprises.

Le ministre a fait état de «lacunes enregistrées au niveau des banques concernant l’opération d’octroi de crédits au profit des jeunes pour la création de micro-entreprises». Il a également expliqué que parfois les banques refusent des dossiers pour cause de «saturation des marchés».

Concernant les résultats de l’ANSEJ, Ould Abbès annonce 75.000 micro-entreprises pour un financement global de l’ordre de 140 milliards DA (dont 85 milliards DA d’apports bancaires), ce qui a permis, selon lui, de créer «plus de 212.000 postes d’emploi permanents». Ould Abbès a aussi indiqué qu’il prévoit «la création d’emplois saisonniers notamment le nettoyage des plages dans le cadre du programme «Blanche Algérie»», et que «147 équipes» de 10 personnes chacune, rémunérées à hauteur de 10.000 DA, «seront chargées de nettoyer 147 plages».

En outre, le ministre de la Solidarité a déclaré que son département a demandé une enveloppe de 15 milliards de dinars pour «prendre en charge quelque 7.500 familles démunies dont l’un des membres a été terroriste», précisant que ce montant concerne «l’accompagnement social et psychologique, la scolarisation, la thérapie de groupe ainsi que l’insertion socioprofessionnelle des parents dans le cadre du micro-crédit ou de la micro-entreprise».

Par Mohamed Mehdi - Quotidien Oran

   
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