Algérie : Quel crédit ?
Quand le ministre de la Solidarité, Djamel Ould Abbas, reproche à certaines banques de bloquer les dossiers de crédit des micro-entreprises, il se fait en vérité l’écho du cri de détresse de ces nombreux chômeurs qui ne voient toujours pas le bout du tunnel. Et il n’est pas exagéré de dire que ces mêmes banques jalonnent d’obstacles ce qui est déjà pour des jeunes animés des meilleures volontés un parcours du combattant.
Le ministre de la Solidarité s’exprimait avant-hier devant l’Assemblée populaire nationale en réponse à une question orale parlant de lacune. Les lacunes enregistrées ne concernent pas seulement l’opération d’octroi des crédits aux projets des jeunes pour la création de micro-entreprises malheureusement.
Car ils sont nombreux les investisseurs qui mobilisent tout leur patrimoine et qui courent depuis des années derrière un crédit de plus en plus hypothétique, mais qui est accordé par ailleurs par ces mêmes banques avec une facilité déconcertante.
Certes, l’octroi d’un crédit pour une micro-entreprise ou autre reste largement tributaire de la solidité du dossier présenté, mais beaucoup vous diront qu’il faut également un coup de pouce. On dit souvent que les banques ne prêtent qu’aux riches. Jamais autant cette formule ne s’est vérifiée au niveau de certaines de nos banques et tant pis pour ceux qui ont des idées et d’ambitieux projets créateurs d’emplois. De leur côté, les banques se défendent en faisant valoir les règles prudentielles nécessaires pour préserver leur intérêt.
Il est vrai que le secteur bancaire, autant que tous les autres secteurs, a besoin d’une sacrée réforme pour accompagner efficacement le développement économique du pays. Tant il est vrai qu’on reproche souvent à nos banques une certaine lenteur et beaucoup de lacunes.
On aura vu des gens faire appel à des connaissances «bien placées» pour établir une carte d’identité, retirer un passeport et, pourquoi pas, retirer un acte d’état civil.
Le comble dans tout cela, on aura vu des étudiants par exemple renoncer à faire un concours d’entrée en magistère pour la simple et unique raison qu’ils n’ont trouvé personne de bien placé pour appuyer leur candidature. Une triste vérité.
Par Mohamed Salah Boureni - Quotidien Oran
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