Les augmentations de salaires en Algérie
L’augmentation des salaires des fonctionnaires et de certaines pensions, décidée récemment, n’aura pas d’incidences sur l’inflation. En clair, cela veut dire que les prix n’augmenteront pas.
C’est ce qu’a déclaré, hier, M.Mourad Medelci, ministre des Finances, lors d’une émission de la Radio Nationale. M. Medelci a souligné, en effet, que «l’augmentation des salaires, couverte par une enveloppe budgétaire prévisionnelle de 98 milliards de DA, n’entraînera pas une poussée inflationniste qui viendrait en annuler les effets».
Le ministre précise que l’enveloppe de 98 milliards DA a été consacrée à la revalorisation des salaires, pour une année pleine, mais ceci aura un impact maîtrisé sur l’inflation.
Les arguments de M. Medelci pour justifier cette prévision optimiste, ont trait au fait que «l’économie algérienne était certes marquée par un manque de productivité, ce qui est source d’inflation des prix, mais elle reste caractérisée par une fluidité commerciale totale, avec une large ouverture sur les importations et une disponibilité de produits qui rend les évolutions inflationnistes moins importantes que dans une économie fermée et un marché rigide».
Pour rappel, le 25 juin dernier, le président de la République a, à l’occasion de la réunion Gouvernement-walis, dévoilé la valeur de l’enveloppe consacrée au relèvement des salaires des fonctionnaires, toutes catégories confondues, et celui d’une partie des retraités, tout en réitérant sa décision d’augmenter les salaires de tous les travailleurs.
Au lendemain du discours du chef de l’Etat, des précisions ont été apportées, par les chiffres, en ce qui concerne les augmentations des salaires annoncées.
Ainsi, l’augmentation des salaires des fonctionnaires varie entre 1.660 et 5.415 dinars net, soit 8.500 dinars brut. C’est ce qui ressort de la réunion, tenue le 24 juin dernier, entre les différentes parties du groupe de travail, chargé d’étudier les modalités de traitement du dossier des salaires, installé le 18 juin 2006 par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, M. Tayeb Louh, sur instruction du chef du Gouvernement, M. Belkhadem.
Par ailleurs et concernant la réévaluation du dinar, M. Medelci a considéré que ce serait «contre-productif» dans l’état actuel de l’économie nationale. «Pour l’instant, l’Algérie a besoin non pas d’augmenter la valeur du dinar mais d’améliorer la productivité du travail», a-t-il observé.
Le ministre des Finances a indiqué que des mesures sont contenues dans la loi de finances complémentaire, notamment celle relative à la réduction de l’Impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) dont le taux devrait être ramené de 30% à 25%.
Ces mesures ont été introduites pour stimuler la production. Le ministre des Finances a annoncé, dans ce contexte, la préparation d’un texte réglementaire sur la réduction des charges patronales en vue de favoriser l’investissement et la création d’emplois dans les entreprises.
S’agissant de la privatisation des banques, le ministre a estimé que la part du privé dans l’activité bancaire passerait de 20% actuellement à plus de 30% avec la privatisation du Crédit populaire d’Algérie (CPA) dans les prochains mois, et aux alentours de 40% avec l’ouverture probable du capital de la Banque de développement local (BDL).
Pour ce qui est du processus de lutte contre le blanchiment d’argent, la corruption et le financement du terrorisme, le ministre des Finances a rappelé l’existence d’instruments de contrôle très particuliers qui permettent, aujourd’hui, de prévenir et de traiter les cas de blanchiment d’argent.
«A partir de septembre 2006, les opérations commerciales supérieures à 50.000 DA se feront obligatoirement par chèque et virement bancaires», a rappelé le ministre, après s’être réjoui de la «transparence» induite par le nouveau système de paiement de masse entré en application en mai dernier, tout en insistant sur la détermination à «mettre de la transparence dans les transactions commerciales».
Par M. Mazari - Quotidien Oran
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